Vivien Féasson

  • Universitaires, scientifiques et historiens
  • Français

Présentation

Vivien Féasson est chercheur et professeur en traduction, anglais et cinéma, ainsi que traducteur professionnel et auteur-concepteur de jeux de rôle. Occupant actuellement un poste d’A.T.E.R. en Master 2 traduction et cinéma à l’université d’Evry, il a récemment terminé une thèse en traductologie et études anglophones au sein de l’université Paris Diderot, qui portait sur les traductions et retraductions du genre de la fantasy en langue française.

Outre Le Seigneur des anneaux, les aventures de Conan ou bien encore La Roue du Temps, l’un de ses sujets de prédilection demeure la traduction de la saga du Trône de fer à laquelle il a déjà consacré deux articles, dont un pour le numéro 7 de la revue TrOPICS (à paraître en 2020).

 

Programme

07 Mai 2020

GoT en France, traduction et réception

Si la saga s’est peu à peu révélée profitable pour les éditions Pygmalion et J’ai lu et ce, avant même que la série produite par HBO ne la propulse au sommet des ventes en littératures de l’imaginaire, la translation du Trône de fer de G.R.R. Martin auprès du lectorat français ne se fit pas sans un certain nombre de polémiques – à commencer par celles touchant au premier traducteur, Jean Sola, qui par ses choix et ses errances réussit à diviser les lecteurs, nombre d’entre eux lui reprochant une forte tendance à la « médiévalisation » (en réalité à l’ennoblissement et à la vulgarisation) et surtout des incohérences et des maladresses en trop grand nombre. Après plus de dix ans sur l’oeuvre de Martin, le traducteur se vit finalement écarter du projet et remplacer par Patrick Marcel en 2011, peu avant la sortie de l’adaptation audiovisuelle de la saga et les promesses de reconnaissance publique que celle-ci comportait. De quoi nourrir les attentes des fans, pris entre leur désir de continuité d’un tome à l’autre et celui de voir le style de l’auteur d’origine davantage pris en compte dans la traduction en français.

Quelques années plus tard, cependant, le « style traductif » de Marcel reste dans l’ombre, ses réussites comme ses échecs voilés par les outrances de son prédécesseur. Privé de la possibilité de réviser l’oeuvre de Sola, le nouveau traducteur du Trône de fer paraît, au premier abord, prisonnier de choix traductifs effectués bien avant sa venue et capable seulement de s’illustrer par des déclarations de principe et une capacité à ne pas faire de vagues. Nos propres études sur la traduction de la saga se sont, il faut le reconnaître, elles-mêmes davantage concentrées sur ce que

Marcel faisait à Sola que sur ce que Marcel faisait à Martin. Le but de cette communication serait d’effectuer une forme d’inversion de point de vue afin de remettre Marcel sur le devant de la scène, aller par-là les promesses publiques pour examiner la matière textuelle même et essayer de répondre à la question, toujours délicate, de l’identité traductive : Westeros a-t-il trouvé un nouvel ambassadeur ou ce deuxième traducteur n’est-il, au fond, que le prisonnier du Trône de fer ?

Avec la présence de :