En attendant les Imaginales 2014 : comme l’an passé, histoire de vous mettre l’eau à la bouche, vous trouverez ici en avant première l’interview d’un invité réalisé par Orfilinn.

Carina Rozenfeld nous fait l’honneur de commencer cette petite série.

- Carina Rozenfeld, vous êtes à la fois auteur de romans jeunesse dans le domaine de l’imaginaire et habituée des Imaginales. Votre actualité littéraire : La Symphonie des abysses, paru en février 2014 chez Robert Laffont dans la collection R, après Les Sentinelles du futur, chez Syros en septembre 2013… Les Sentinelles, sélectionné pour 5 prix, vient de recevoir le Grand prix du jeune lecteur de Casablanca 2014… Cette reconnaissance, cela fait plaisir ?

Oui, bien entendu, une telle reconnaissance fait toujours plaisir. Quand on écrit un livre, on espère le mieux pour lui, mais c’est une donnée qu’un auteur ne maîtrise pas. Il se contente d’écrire son livre, du mieux possible, et ensuite… c’est l’inconnu ! Alors quand on voit que son « bébé » suit un beau parcours, c’est toujours agréable et rassurant.

- Concernant La Symphonie des abysses, vos lecteurs ont déjà dû commencer à réagir. Qu’en ont-ils pensé ?

C’est un livre sur lequel j’ai peu communiqué avant sa sortie. D’habitude, je mets des extraits ou un résumé, et là, rien du tout : c’était volontaire. L’histoire se déroule dans un monde assez mystérieux, qui obéit à ses propres règles. J’ai imaginé un couple de personnages dont je ne voulais rien révéler. Je voulais que les lecteurs les découvrent en lisant le livre. Pour l’instant, les retours ont l’air d’être bons, et la surprise a fonctionné, si je m’en réfère aux avis reçus.

- Votre trilogie La Quête des Livres-Mondes a été rééditée fin 2012 par L’Atalante. Le premier tome avait obtenu le Prix Imaginales des collégiens en 2009. Depuis quelque temps, l’idée de faire revivre entre autres Zec et Eden, Louis et compagnie vous titillait et le premier tome d’une nouvelle trilogie va sortir juste pour les Imaginales : La Quête des pierres de Luet. Peut-on parler d’une suite ?

Oui, en effet, je fais revenir ma petite équipe de héros. Ce n’était pas quelque chose de programmé à la fin de La Quête des Livres-Monde, mais les lecteurs me réclamaient le retour des personnages, qu’ils appréciaient beaucoup, et j’ai finalement eu une idée il y a un an environ… Je ne parle pas de suite, mais plutôt d’une nouvelle aventure. Cette nouvelle trilogie peut se lire de façon indépendante. Toutefois, étant donné qu’elle est directement liée à l’histoire de La Quête des Livres-Monde, je recommande sa lecture si ce n’est déjà fait. Ainsi, tout sera parfaitement clair !

- Votre premier livre, Lucille et les dragons sourds, est sorti en 2004. Voici 10 ans que vous êtes entrée dans le monde de l’édition. Quel regard portez-vous sur cette décennie d’écrivain ?

Un regard étonné et émerveillé. Je n’aurais jamais imaginé arriver jusque là, vivre tous ces moments très forts, écrire toutes ces histoires, avoir toutes ces opportunités et ces beaux instants. Être publiée était mon rêve et il s’est réalisé. Si ça s’était arrêté après un seul roman, cela aurait été parfait aussi, car je serais allée au bout de mon envie. Mais c’est allé beaucoup plus loin et je profite de chaque instant !

- Cette année, ce sera votre 7ème participation (consécutive) aux Imaginales. Avec le recul, comment percevez-vous le festival ?

Les Imaginales est le premier gros salon auquel j’ai participé, et c’est ici que j’ai reçu mon premier gros prix littéraire, alors que je sortais de nulle part ! C’est donc un festival associé à de très beaux souvenirs. C’est aussi un de ceux que je préfère, aussi bien en raison de son ambiance très particulière et inimitable, que par le plaisir de retrouver des lecteurs que je vois une fois l’an. Comme j’aime le dire, les Imaginales, c’est imagénial !

- Comment a évolué votre relation avec les lecteurs durant ces années (et réciproquement, d’ailleurs) ?

Encore une fois, j’étais loin d’imaginer ces rencontres, ces interactions. Internet est pour beaucoup dans notre facilité à échanger. Aujourd’hui, l’auteur n’est plus juste un nom sur une couverture comme ça l’était dans ma jeunesse : c’est un être vivant, qui a des choses à dire, qui peut discuter avec ses lecteurs. J’ai fait des rencontres magnifiques grâce à cela, des lecteurs fantastiques, de nouveaux amis, des personnes passionnées. C’est vraiment une facette que j’aime, car elle nous sort de cette solitude que l’on peut ressentir quand on passe des journées entières devant son ordinateur !

Merci Carina pour vos réponses et à très vite sur le festival !