Irène Salas

  • Universitaires, scientifiques et historiens
  • Française

Présentation

Irène Salas est Maîtresse de Conférences en littérature française à l’Université d’Oxford (Faculty of Medieval & Modern Languages) de 2012 à 2020 et, depuis 2014, membre associée du Centre de Recherche sur les Arts et le Langage (UMR 8566 EHESS/CNRS). Depuis sa thèse de doctorat, elle consacre ses recherches aux relations entre littérature et savoirs à la Renaissance en prêtant une attention particulière à la médecine, aux sciences et aux techniques, ainsi qu’à l’histoire des représentations du corps dans l’Europe de la pre-mière Modernité. Travail qui l’a conduit à s’intéresser aux frontières de l’humain, qu’elles soient physiques ou ontologiques — masculin/féminin, homme/animal, homme/cyborg, humain/non-humain, etc. — et à mettre en regard, dans une pers-pective anthropologique et philosophique, l’idéal « humaniste » d’hier et le « pos-thumanisme » de nos sociétés contemporaines. On lui doit de nombreusespublications dont, en 2021, « Peaux artificielles. La technologie aura-t-elle la peau de l’être humain ? « (La Peaulogie n°6) et « Le grand retour des fantômes » (Critique n°884-885).

 

 

Présence au colloque universitaire

  Matin Après-midi
14 Octobre 2021 Présente Présente
15 Octobre 2021 Présente Présente

Bibliographie

  • Peaux artificielles  La technologie aura-t-elle la peau de l’être humain ? - Irène Salas
    2021
    - Collection La Peaulogie
    (Série 6)

    Peaux artificielles La technologie aura-t-elle la peau de l’être humain ?

    Tanneurs, pelletiers, maroquiniers, dermatologues ou taxidermistes, tels sont depuis longtemps les travailleurs de la peau. Aujourd’hui, à l’heure des biotechnologies, ont surgi de nouveaux spécialistes : le peaussier du XXIe siècle est un scientifique, un ingénieur tissulaire, un biochimiste, un physicien des matériaux, un nano-informaticien, un entrepreneur innovant qui fabrique des peaux de synthèse, des épidermes in vitro et des e-skins. L’industrie épithéliale est florissante. Aux ateliers du cuir d’autrefois se sont ajoutés des laboratoires où trônent éprouvettes et bains nutritifs de kératinocytes. De son côté, la cybertechnique produit des peaux étirables en élastomère ou en silicone, pourvues de senseurs tactiles et de capteurs électroniques intuitifs. Spectaculaires innovations : la peau se trouve décidément au cœur de profondes transformations biologiques et technologiques. Mais dans quelle mesure les revêtements cutanés artificiels sont-ils susceptibles d’altérer l’humain ? En effet, tel un caméléon, l’homme occidental moderne semble capable de changer l’apparence de sa peau au gré de ses fantaisies ; il réinvente son enveloppe corporelle, s’émancipant de sa fragilité naturelle et primordiale (comme le rappelle le mythe grec d’Épiméthée). Peaux imprimées, siliconées, fluorescentes, transparentes, hybridées, transgéniques, recyclées, bioniques… Réelles ou virtuelles, ces peaux artificielles ou artificialisées sont le reflet d’un désir profond de faire muer l’humain — et surtout, de le faire muter. Ce dossier montre comment les arts, la science et les biotechnologies nous poussent à questionner plus que jamais les nouvelles lisières de notre corps, modelables à l’envi comme un caoutchouc ductile, et mettent à l’épreuve la notion de « nature humaine », telle qu’elle s’est historiquement et philosophiquement sédimentée. En collaboration avec Stéphane Héas.

  • 2021
    Éditions de Minuit - Collection revue Critique

    Le grand retour des fantômes

    Que le revenant revienne, quoi de plus normal ? Le fantôme est fidèle. Il hante, inlassable, mêmes lieux et mêmes gens ; ou, à défaut, leurs descendants. Du reste, à quoi le reconnaîtrait-on s’il ne revenait pas ? Aussi n’est-ce pas ce retour-là qu’interrogent les quinze auteurs, venus d’horizons très divers, réunis dans ce numéro spécial : c’est la hantise généralisée qui caractérise notre époque. Les fantômes ont la vie dure, nous le savions. Mais pouvions-nous deviner qu’en ce début du XXIe siècle ils investiraient tout le domaine de l’humain ? « Je ne crois pas aux fantômes, mais j'en ai peur », disait la spirituelle Madame du Deffand. Nous n’en avons plus peur, mais sommes-nous bien sûrs de ne pas y croire ? « L’avenir appartient aux fantômes », prophétisait Jacques Derrida. Leur temps est-il venu, revenu ? Telle est la question que pose Critique à travers cette petite anthologie de l’« hantologie », coordonnée par Irène Salas et Yves Hersant.

  • À la frontière du corps L’imaginaire de la peau à la Renaissance - Irène Salas
    Éditions Klincksieck

    À la frontière du corps L’imaginaire de la peau à la Renaissance

    À la Renaissance, la peau se prête à de nouvelles approches, suscite de nouvelles rêveries, contribue à de nouveaux savoirs. Notre propos est de montrer comment ce singulier organe peut devenir un objet théorique privilégié pour la pensée de l’époque, que structurent de grands couples conceptuels : surface/profondeur, intérieur/extérieur, être/paraître, visible/invisible, sensible/intelligible, corporel/spirituel. Dans cette enquête, qui ne néglige ni les enveloppes végétales et animales (pellicule, écorce, fourrure, cuir, coquille, carapace) ni les « secondes peaux » que peuvent être les tissus, les fards, les parures ou les armures, ont été pris pour guides non seulement des philosophes et des médecins, mais plus encore des écrivains et des peintres. Car si la peau semble disparaître sous le couteau des anatomistes, en revanche les arts de la plume, du pinceau et du burin ont su la mettre en pleine lumière : « épiphanie » dont témoignent aussi bien Montaigne, Ronsard ou Shakespeare que Léonard de Vinci, Michel-Ange ou Titien... Sans oublier les humanistes dont l’imagination a pu se nourrir d’histoires légendaires : comme celles des écorchés Marsyas et saint Barthélémy, ou celle d’Épiméthée qui interroge la nature de l’humain. Une attention particulière a été prêtée à la peau en tant que « support-surface » de l’écriture et de la peinture : car elle a offert aux écrivains et aux artistes l’occasion de réfléchir à leur propre pratique, à la corporéité de l’image et du langage, aux qualités plastiques de la représentation.