William Blanc

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Présentation

William Blanc est historien médiéviste, membre correspondant du GAHOM-EHESS. Après avoir travaillé sur la transhumance ovine au Moyen Âge, ses axes de recherche portent aujourd’hui sur le médiévalisme dans la culture populaire. Il a publié plusieurs ouvrages (Le Roi Arthur, un mythe contemporain – 2016 ; Winter is coming. Une brève histoire politique de la fantasy – 2019). Il a participé au dictionnaire Les barbares (2016) sous la direction de Bruno Dumézil et au Dictionnaire de la fantasy (2018) sous la direction d’Anne Besson. Il s’intéresse entre autres à la figure des barbares dans les mondes de l’imaginaire auxquels il a consacré une communication dans le colloque Fantasy et Histoire(s) d’Épinal (2018).

Programme

06 Mai 2020

Influences et postérité

Alors que l’action de Game of Thrones se concentre sur la conquête du pouvoir au centre de Westeros, les Sauvageons vivant au Nord du Mur, peuple des marges, semblent constituer un pôle négatif par rapport à l’intrigue principale qui aboutit à Port Réal. Pauvres, alors que les Sept Royaumes sont riches, ils ont été assimilés, depuis le succès de la série télévisée d’HBO, à une allégorie des migrants ou des réfugiés climatiques. Pourtant, il nous semble pertinent de nous interroger sur la généalogie de leur représentation.

Les sauvageons paraissent en effet hériter de deux figures particulièrement présentes dans la fantasy et plus largement dans la culture populaire nord-américaine. La première est celle du barbare. Classique dans la littérature merveilleuse, celle-ci a été mobilisée par de nombreux auteurs comme William Morris (The House of the Wolflings—1889), mais aussi, évidemment, par Robert E. Howard avec notamment son personnage célèbre de Conan le Cimmérien créé en 1932. Chez la plupart de ces auteurs, la figure du barbare est largement positive et peut s’inscrire dans diverses réflexions politiques du XIXe siècle, qu’elles soient progressistes ou conservatrices, visant à voir les Germains du Haut Moyen âge comme des modèles face à l’industrialisation et la Modernité en Occident, voire, en s’appuyant sur une lecture de l’auteur romain Tacite, comme un exemple de proto-démocratie égalitaire, y compris dans les rapports genrés.

Les Amérindiens constituent le second archétype qui semble avoir nettement influencé la conception des Sauvageons, tant dans leur apparence, leur organisation sociale ou leur positionnement géographique. Les « peuples libres » sont en effet placé au-delà du Mur, au-delà d’une frontière physique qui renvoie à la Frontière elle-même. Ce concept central de la culture américaine et de la conquête de l’Ouest est devenu, dans l’ensemble du genre dit « western », que ce soit au cinéma ou dans la littérature, un symbole tant de répulsion qu’il faut sans cesse repousser que d’attirance, un lieu qu’il faut toujours redécouvrir de peur qu’il ne disparaisse à jamais, idée ambivalente que l’on retrouve dans de nombreux récits de Robert E. Howard. Elle est aussi, selon la thèse de Frederic Jackson Turner diffusée à partir de 1893, un lieu de conception et d’affirmation de l’exceptionnalisme de la démocratie en Amérique du Nord.

En suivant ces deux pistes, nous nous interrogerons afin de savoir en quoi les romans de George R. R. Martin, mais également la série télévisée, les jeux de rôles et les jeux vidéo basés sur cet univers, s’inscrivent ou sont en rupture avec les modèles du barbare, de l’Amérindien et de la Frontière dans la fantasy et la culture populaire américaine, en nous appuyant notamment sur les travaux de Bruno Dumézil (Les Barbares – 2016) et ceux de Richard Slotkin (Gunfighter nation: the myth of the frontier in twentieth-century America—1992).

Avec la présence de :

Bibliographie

  • En collaboration avec Aurore Chéry et Christophe Naudin, Les Historiens de garde, De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, Paris, Inculte, 2013. Edition de poche avec postface inédite, Paris, Libertalia, 2016. - William Blanc

    En collaboration avec Aurore Chéry et Christophe Naudin, Les Historiens de garde, De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, Paris, Inculte, 2013. Edition de poche avec postface inédite, Paris, Libertalia, 2016.

  • En collaboration avec Christophe Naudin, Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l’histoire au mythe identitaire, Paris, Libertalia, 2015. [Compte rendu de Nicolas Lebourg « William Blanc et Christophe Naudin, Charles Martel et la bataille de Poitiers : de l’Histoire au mythe identitaire, préface de Philippe Joutard, Paris, Libertalia, 328 p. », Revue Historique, PUF, Paris, n°678, avril 2016, p. 245-248 : lien]. Postface inédite, Libertalia, 2017. - William Blanc

    En collaboration avec Christophe Naudin, Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l’histoire au mythe identitaire, Paris, Libertalia, 2015. [Compte rendu de Nicolas Lebourg « William Blanc et Christophe Naudin, Charles Martel et la bataille de Poitiers : de l’Histoire au mythe identitaire, préface de Philippe Joutard, Paris, Libertalia, 328 p. », Revue Historique, PUF, Paris, n°678, avril 2016, p. 245-248 : lien]. Postface inédite, Libertalia, 2017.

  • 2016 : Préface de Jean-Clément Martin, Le Roi Arthur, un mythe contemporain. D’Hollywood à Kaamelott en passant par les Monty Python, Paris, Libertalia, 2016.  - William Blanc

    2016 : Préface de Jean-Clément Martin, Le Roi Arthur, un mythe contemporain. D’Hollywood à Kaamelott en passant par les Monty Python, Paris, Libertalia, 2016.

  • En collaboration avec Thierry Guitard (illustrations), Les Pirates, Paris, Pop Corn éditions, 2016. - William Blanc

    En collaboration avec Thierry Guitard (illustrations), Les Pirates, Paris, Pop Corn éditions, 2016.

  • 2017 : En collaboration avec Aurore Chéry et Christophe Naudin, Grandes et petites phrases de l'histoire, Paris, Garnier-Le Monde, 2017. - William Blanc

    2017 : En collaboration avec Aurore Chéry et Christophe Naudin, Grandes et petites phrases de l'histoire, Paris, Garnier-Le Monde, 2017.

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