Imaginales 2017

le festival des mondes imaginaires

16ème édition, du jeudi 18 au dimanche 21 mai 2017 à Épinal

Actualités

Imaginales 2016 : le bilan des invités phares

La 15ème édition des Imaginales vient de se terminer. Le bilan, encore provisoire, est très positif avec une fréquentation et un chiffre d’affaire des libraires croissants. L’expansion du festival dans le parc, avec de nombreux exposants et les nouveaux pôles, a été un succès. Les retours sont enthousiastes !
Les Imaginales sont un évènement important pour les amateurs de littératures de l’imaginaire et l’organisation se doit d’être impeccable pour accueillir tous les festivaliers. C’est également un grand moment pour les invités qui vivent le festival d’un point de vue particulier. Ni organisateurs, ni visiteurs, ils sont l’élément central sans lequel les Imaginales n’existeraient pas.      
 Afin d’en apprendre plus sur la façon dont ils vivent le festival, nous sommes donc revenus vers nos trois invités phares de l’édition 2016 : Hélène Larbaigt, l’affichiste, Stefan Platteau, le “coup de cœur”, et Charlotte Bousquet, l’auteure associée.

 

 

En tant qu’invités, comment avez-vous vécu cette édition 2016 des Imaginales ?

Stefan Platteau : « Le mieux du monde ! Le succès public des Imaginales ne se dément pas, les rencontres sont toujours aussi chaleureuses, tant avec les autres auteurs qu’avec les lecteurs, blogueurs, bénévoles… Les petites abeilles de la librairie ont tenu un rythme impressionnant cette année, sans jamais perdre leur sourire ! »

Charlotte Bousquet : « Je crois que c’était une édition particulièrement réussie, et ce sur tous les plans : création, rencontres, signatures, les nouvelles bulles qui se sont greffées à celle du livre, la place plus importante accordée aux arts plastiques, à la photo… Comme Stefan, j’en profite pour remercier les libraires, responsables de la buvette (café, café, café…), chauffeurs et l’équipe sans qui cet événement ne serait pas possible ! »

Hélène Larbaigt : « L’édition 2016 fut merveilleuse à plus d’un titre ! L’accueil et la disponibilité de tous les bénévoles, les rencontres avec les lecteurs/trices mais aussi avec les autres auteurs, la convivialité, l’ambiance… Ces Imaginales furent très fortes en émotion et d’une grande richesse… humaine avant tout. L’ampleur prise par le festival est impressionnante ! Les nouveaux pôles, les tables rondes et cafés littéraires à chaque fois renouvelés, toute cette effervescence est tellement stimulante, et toujours dans un grand esprit de convivialité et une bonne humeur contagieuse ! Alors pour cette année encore, merci les Imaginales ! »

 

Quel a été l’élément, l’évènement ou le détail qui vous a le plus marqué cette année ?

SP : « Sans conteste l’inauguration de la plaque commémorative pour notre ami Ayerdhal, près de la statue de François Villon. Un moment de chaleur humaine bien à son image : plein d’humour et d’irrévérence. »

 

Hommage à Ayerdhal © communication ville d'Epinal 2016

 

CB : « La fresque, dont j’ai vu l’évolution chaque fois que j’allais prendre un café. Cette année peut-être plus encore que les précédentes, elle avait quelque chose d’apaisant, de magique et c’était merveilleux de pouvoir suivre son évolution. Sinon, pour la première fois cette année, Les Imaginales ont proposé un cadavre exquis en direct, le jeudi soir au Bougnat, et cette expérience d’invention en direct, avec Estelle Faye, Aurélie Wellenstein et Jean-Claude Dunyach (et Gabriel Katz venu faire un petit coucou), entre les asticots, les archivistes et les lupanars de l’espace, a été particulièrement réjouissante ! » 

 

Fabien Fernandez, Sandra Violeau et Diane Ozdamar devant la fresque qu'ils ont réalisée pendant les quatre jours du festival © communication ville d'Epinal 2016

 

HL : « Cette année fut assez particulière, car j’ai eu l’honneur et le privilège de dessiner l’affiche et d’avoir une exposition à la maison du Bailli. Découvrir son travail décliné sur le festival et les alentours est forcément très surprenant et assez émouvant : l’illustration séchait dans l’atelier avant la Noël et les personnages sortaient littéralement de l’image au mois de mai ! »

 

Une anecdote ou un souvenir que vous avez envie de partager avec nous ?

SP : « Il existe un tas d’anecdotes fort amusantes à propos de faits qui se sont déroulés assez tardivement dans la soirée, du côté du bar « Le Bougnat » (ou sur le retour) ; mais je ne suis pas sûr de pouvoir les rapporter : je risquerais de porter atteinte à la réputation de divers collègues auteurs, de plusieurs compatriotes, d’une illustratrice, ainsi que d’un hippopotame familier en cuir bouilli. Ceci mis à part, il y a eu bien sûr cette table ronde délirante avec Christopher Priest imitant la démarche d’un vieux magicien chinois (forçant son honorable traducteur à faire de même). Et c’est fou ce que certains animateurs parviennent à tirer des auteurs en conférence : Joyeux Drille, par exemple, adore les pousser à s’auto-flageller en public. Il te regarde dans les yeux, il te pose une simple question, et tout à coup, il y a cette force irrépressible qui monte en toi, et qui te pousse à confesser tes humiliations les plus cuisantes. Un pouvoir véritablement étonnant !  Ce n’est pas Charlotte qui me contredira… »

CB : « C’est clair ! Pour moi, l’un des moments les plus délirants de ces Imaginales, avec fous rires à la clef ! Il y a eu aussi notre grand moment de solitude à deux (oui, je sais, c’est paradoxal) avec Valérie Lawson, chargée d’animer… l’écriture d’une nouvelle en direct pour les lycéens et avec eux – devant un parterre terrifié, pendant que, de mon côté, je me débattais avec des mots type « trahison » et « pingouin »… »

HL : « Il y a eu tellement de moments inoubliables pendant ce week-end ! De l’arrivée à Épinal à la clôture du festival le dimanche soir, ou paraît-il on aurait vu des hommes et femmes chats sur la terrasse (et entendu des rires d’hippopotame dans la nuit)… Alors peut-être une rencontre : une festivalière savoyarde, ayant parcouru 600 kilomètres, m’a avoué qu’elle rêvait de se rendre aux Imaginales depuis plusieurs années sans jamais trouver la force de faire tous ces kilomètres sur deux jours. Mais cette année en découvrant l’affiche, chaque petit personnage lui avait raconté une histoire, sa propre histoire, l’histoire qu’elle voulait bien s’inventer. Cette année, elle avait suivi le lapin blanc, embarqué à bord du Jolly Rodger, emprunté le chemin de briques jaunes… jusqu’à Épinal ! Une jolie démonstration, parmi tant d’autres, du pouvoir de l’imaginaire. »

 

Hélène Larbaigt, l'affichiste 2016 et Stéphane Wieser, directeur du festival

© Hélène Larbaigt

 

Quels sont vos projets professionnels pour la fin de l’année ?

SP : « En ce qui me concerne, faire l’ermite et écrire ! Le tome 3 des Sentiers des Astres est sur le feu… »

CB : « Je termine un roman contemporain pour Pygmalion. Je continue avec un western pour la collection « Electrogène » (Gulf Stream). Je poursuis avec le récit de fantasy commencé avant les Imaginales, dans le cadre de mon partenariat « auteure-associée ». Sinon, les grandes nouveautés, cette année, ce sont la sortie de Sang-de-Lune (Gulf stream, « Electrogène ») – un retour à l’imaginaire…  Et la direction de la collection « Griffe », pour les éditions Matagot. :) »

HL : « La mise en place de nouveaux projets de livres ainsi que la réalisation d’une œuvre originale pour le château de Comper à Brocéliande dans le cadre d’une exposition autour de la Dame de Shalott qui se tiendra de fin 2016 jusqu’en 2017 et réunira de nombreux artistes. :) »

Hommage à Bernard SIMONAY

 

Bernard SIMONAY, décédé le 21 mai 2016, à 64 ans, était un habitué des Imaginales. Très apprécié des responsables du festival pour sa participation aussi passionnante qu’enjouée aux débats, des libraires pour sa disponibilité en dédicaces, et des lecteurs pour son talent de raconteur d’histoires, l’écrivain, auteur de 37 romans, était venu à six reprises à Épinal.

 

L’AFP lui a rendu un très bel hommage en soulignant très justement que le romancier s’inscrivait « dans la lignée de René Barjavel ou Robert Merle ». C’était un vrai conteur qui, une fois que vous aviez ouvert l’un de ses livres, ne vous lâchait plus ! Ce talent, on en avait souvent eu l’écho lors des tables rondes et des cafés littéraires où il faisait merveille. Il affichait toujours sa volonté de s’adresser au plus grand nombre, et savait écrire des romans populaires de grande qualité. L’écrivain se partageait entre science-fiction, fantasy et roman historique, avec quelques incursions dans le polar et le roman de terroir. Il est notamment l'auteur du Cycle du Phénix, une série de quatre romans se déroulant dans un monde post-apocalyptique pour laquelle il avait reçu plusieurs prix.

 

Bernard Simonay était un homme généreux, sensible à l’injustice ; il rejetait l’intolérance et toutes les discriminations, en particulier le sexisme.

 

Un beau message signé par ses enfants et son épouse le dit comme une évidence, et nous sommes nombreux à le partager : « Si l'homme s’en est allé, l’artiste qui depuis trois décennies nous a transportés à travers ses nombreux romans, demeurera éternel ».

 

La Ville d’Épinal et toute l’équipe des Imaginales sait ce qu’elle doit à des écrivains qui, comme lui, apportent au public leur talent et leur disponibilité. Nous avons une pensée émue pour Bernard Simonay, écrivain au souffle épique, homme ouvert aux autres et ami fidèle des Imaginales.[1]

 

 

Le Cadavre Exquis

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Chaque jour, je me réinvente. Chaque jour, je renais de cendres inexistantes. Il y a tellement de possibles ! Tellement de vies à imaginer, à essayer ! Autant d’existences que celles qui s’accumulent dans les récits de cette bibliothèque où je me réfugie lorsque j’ai du temps libre. Libre !

Mot paradoxal, dans cet enfer où l’on m’a confinée pour mon propre bien. Il paraît que je suis un danger pour moi-même, en plus d’avoir, par ma seule présence, une mauvaise influence sur les autres.

Je voudrais fuir, mais c’est impossible. Les chaînes chimiques qui me retiennent prisonnière sont trop puissantes. Mon corps, jadis souple et vif, n’est plus qu’un spectre sans force, à peine capable de se traîner jusqu’au sous-sol voûté et de s’emparer d’un livre avant de s’affaler dans un fauteuil défraîchi. Quant à mes pouvoirs, je me rappelle à peine leur nature ; j’ai bien trop honte de ce que je suis devenue pour me remémorer leur puissance.

Alors, je me projette ailleurs. Hier, j’étais un enfant perdu dans une jungle hostile et j’avais pour compagnons une panthère et un ours. Aujourd’hui, je me rêve courageuse, obstinée, capable de défier mon oncle pour rendre hommage à un frère défunt. Grâce à ces histoires, j’échappe à mon enveloppe charnelle, je traverse ces murs de pierres vieilles et chargées de souffrances. Et je change, je l’éprouve au plus profond de moi. Au début, je n’y prêtais même pas attention : c’était un éclat de pensée venu d’ailleurs, une émotion confuse, un geste qui ne m’appartenait pas vraiment. À présent, je sais que ma psyché absorbe des éléments venus d’ailleurs, de ces personnages dans lesquels je me faufile, le temps d’une lecture. Je sens ces éléments s’immiscer et se fondre en moi, formant par d’infimes couches une gangue protectrice autour de mon âme. L’effet des drogues dont on me gave s’émousse insensiblement. Et parfois, quand le sommeil me projette hors de moi-même, je rêve que je ne suis plus tout à fait la même qu’avant.

La grande horloge résonne dans le hall. Mon cœur manque un battement. Le sang bourdonne dans mes veines. J’inspire profondément, me contrains au calme, sinon l’infirmière me jugera trop énervée pour quitter ma cellule. J’entends son pas, régulier comme un métronome, dans le couloir. Cliquetis, et son visage rond, lisse comme une pomme, apparaît dans l’embrasure de la porte.

— Alors, Alice, comment se sent-on, cet après-midi ?

Je réponds poliment, les yeux baissés ; j’accepte sans résister la pilule d’opiacées et j’ouvre grand ma bouche pour montrer combien je suis obéissante. Puis, docile, je la suis jusqu’aux caves voûtées où se situe la bibliothèque. Ignorant mes rares camarades avachis dans des sièges de cuir éventrés, je me dirige vers les rayonnages. Un ouvrage, en particulier, attire mon attention.

Charlotte Bousquet

 

 

 

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C’est curieux, mais je ne me souviens pas de l’avoir déjà vu à cet endroit, placé bien en évidence au milieu d’une rangée de volumes à la tranche patinée par l’usure, exactement situé à hauteur de mes yeux. Mais j’oublie tant et tant depuis que je suis enfermée ici…

Depuis quand, d’ailleurs, voilà encore une chose que j’ignore ! Je finirais presque par m’oublier moi-même, celle que je suis, celle que j’étais (Alice, je suis Alice, cela ne m’est pas un mystère, on me le rappelle jour après jour, pour ce que ce prénom veuille dire), à force me réinventer dans d’autres vies que les miennes, couchées à l’encre noire sur le papier jauni, sec et fragile entre mes doigts si gourds – l’effet des drogues accumulées me donne des allures de vieillarde.

Sa reliure de cuir luit encore de l’éclat du neuf. Les lettres dorées de son titre accrochent les rares lueurs des lampes de la bibliothèque. Le sens des mots se dérobe à mes tentatives de déchiffrement. Cet alphabet m’est familier, pourtant. Sans doute la pilule avalée quelques instants plus tôt compromet-elle la logique des connexions, quelque part dans mon cerveau. Ce ne serait pas la première fois. Il m’arrive souvent de percevoir le monde sous des angles inédits, comme si mon esprit se trouvait relié à celui de créatures possédant une autre forme d’intelligence que celle des hommes.

En parlant de créatures différentes, l’illustration de couverture me saisit à la fois d’effroi et d’émerveillement. Mon cœur se met à battre plus vite, je l’entends cogner dans sa pauvre cage de chair anémiée, tandis que mes yeux parcourent le détail de l’image.

Il y a d’abord, au premier plan, cette abjection de chair grise parcourue de nervures rosées, assujettie à une mécanique intime au point de la pénétrer à diverses reprises. Mais il y a surtout, au second plan, prisonnière d’une cage de verre emplie d’un liquide trouble, la tête de cette fillette, la peau si pâle, de porcelaine, le cheveu doré, épanoui en auréole autour d’un visage aux traits si purs, parfaite incarnation de l’innocence pervertie.

Ce visage qui me trouble sans que j’en comprenne la raison. Puis, peu à peu, l’évidence m’apparaît, surgie des tréfonds de ma mémoire. Ce visage était celui que je contemplais, jadis, chaque fois que j’approchais un miroir !

J’entends soudain distinctement la voix et je sursaute, manquant laisser échapper le livre. Je suis certaine qu’aucun de mes camarades de misère, abrutis par la magie perverse des molécules chimiques, n’a ouvert la bouche. Aucun ne me prête même la moindre attention. La voix répète alors son injonction :

— Ouvre-moi !

D’une main tremblante, je m’exécute.

 Johan Heliot

 

 

 

4

 

En touchant le coin métallique de la couverture, pour obéir à cet étrange ouvrage, je me coupe, une petite blessure franche, nette, très douloureuse ; les médicaments n'émoussent pas totalement les sensations et le sang qui perle n'a pas la couleur chimique de mes pilules. Écarlate, la goutte tombe sur la première page, s'étale, est absorbée immédiatement. En quelques secondes, il n'en reste plus rien, comme si cela n'avait été qu'un fantasme de plus : serais-je encore en train de rêver ? Pourtant, le frisson du livre contredit cette hypothèse, il réagit, il frémit, il laisse échapper un ronronnement. J'ai la désagréable impression qu'il se délecte. Un coup d'œil à mes camarades confirme qu'aucun d'entre eux n'émet le moindre bruit ; tout comme l'injonction que je viens d'entendre, le ronronnement est bien celui de l'objet que je tiens entre mes mains. Cela décuple ma curiosité. Peut-être est-ce cela qui me tient enfermée ici ? Cette curiosité malsaine pour les situations étranges ? Qu'importe, personne ne me regarde, personne ne me parle non plus et la lecture reste mon seul espace de liberté.

A l'intérieur de l'ouvrage, les lettres dansantes ne se laissent toujours pas reconnaître, elles me narguent : ne peux-tu pas nous lire, Alice ? As-tu oublié l'alphabet ? Je tourne la page du titre, d'autres illustrations me donneront peut-être des indices sur ce que cache ce livre autoritaire et gourmand ? Stupeur. L'illustration de la seconde page me tétanise. Devant la bibliothèque, une petite fille blonde tient un vieil ouvrage aux lettres dorées et une goutte de sang tombe sur la première page. Le livre me représente, telle que je suis dans l'instant.

Dans un premier temps, j'ai l'impression que l'image est figée. Pourtant, lorsque je la caresse, je m'aperçois qu'elle est vivante, elle palpite, comme animée d'un véritable petit cœur. Se peut-il que la prochaine illustration me montre ce que je n'ai pas encore vécu ? Peut-être que je vais m'y voir libre, échappée de cet asile morne et sombre ? Je voudrais feuilleter le livre mais il ne se laisse pas faire, ses pages refusent de se laisser attraper, mes doigts glissent sur la tranche dorée sans que je puisse en saisir une. Je porte le doigt à ma bouche pour l'humidifier et enfin tourner cette page ; mon doigt a un goût de poussière, d'encre et... de sang.

Silène Edgar

 

 

5

 

Je tousse.

Mes poumons ne veulent pas de cette brûlante poussière. Ma gorge s’irrite. Mes muscles se crispent. Mon doigt entaillé saigne de nouveau.

— Ta main !

Instinctivement, je la mets devant ma bouche. Je me redresse. Dos bien droit. J’ai mal mais Dame Bienséance est dans le coin, quelque part. Elle est dissimulée sous un coussin ou derrière l’un de ces lourds rideaux. Faire bonne figure. Une aigreur me remonte dans le gosier. Les cachets me font ça, parfois. Une fois avalés, une unité de lanciers aux bottes crottées me descend le long de la trachée, et remonte tout à coup en courant. Vite, mon mouchoir !

Il m’échappe.

Soubresaut de la cage thoracique. Un filet de bave rose et bleu. La honte perle sur mon menton. Mon index en profite pour goutter sur le sol ! Dame Bienséance va me punir. Combien de fois m’a-t-elle rappelé sa valeur ? Il est importé d’Inde ! Je tends le bras. Le mouvement est gauche. Pathétique. Cette fois, j’ai souillé la pièce. Cela va être terrible. Soudain, je réalise que le ronronnement que faisait le livre n’est plus. Une ombre. Fugitive. Rapide. Une gueule béante, mauve et alignant un nombre de crocs infini. Coup de langue.

Clac !

Silence.

Ma poitrine s’agite encore quelques secondes. Mon souffle s’apaise. Mon infâme fluide vital a disparu. Plus une tache. Le manuscrit l’a lapé et s’est refermé. Petit à petit, la couverture reprend sa teinte de cuir aux reflets violets. J’essuie une larme du revers de ma manche rêche. Par terre, le livre se trémousse. Un coin, puis l’autre. À l’instar de ce pirate à la jambe de bois qui avait tant de difficulté à mettre un pied devant l’autre, il me grimpe dessus. Dans l’histoire, le capitaine souriait, mais finalement, il était mauvais. Quelle est la véritable nature de cet étrange recueil ?

Vertige passager.

Un souffle glacé et les pages se mettent à tourner. Textes et images s’agitent. Je m’aperçois dans un cadre. J’y suis jeune et petite. Un sourire éclaire mon visage. Je danse. Je valse. Voilà cette gravure me montrant debout, racontant une histoire de clé ensanglantée à mes camarades. Quand était-ce déjà ? Il y a quelque mois ? Pas le temps de me poser la question. Une autre illustration me représente, malade, dans cette bibliothèque. Passé, présent, futur : Que se passe-t-il ? Ont-ils augmenté la dose de pilules ?

Je me sens tout à coup merveilleusement bien. Légère. Je survole tout. L’illustré est en train de se refermer. Ultime peinture : moi, accroupie face à une minuscule porte dissimulée au pied de la bibliothèque.

— Alice !

L’un de mes camarades vient de se réveiller.

Fabien Fernandez

 

 

 

7

 

Il s'appelle Peter. Jamais il ne m'a dit son nom, ni même, en fait, réellement adressé la parole, mais « Peter » est le seul qui lui convienne, et ne me demandez pas pourquoi. J'ai parfois des certitudes étranges qu'aucun raisonnement ne me ferait réfuter. Il s'appelle Peter, point, et même si l'on vient m'affirmer qu'il se prénomme Roger ou James, même si l'on me montre son dossier médical ou son acte de naissance, on ne m’ôtera pas de l'esprit qu'il s'agit de Peter, et on ferait bien de ne pas insister, on ferait bien de ne pas me contrarier, voyez-vous.

Peter est assez laid de visage. Son nez est beaucoup trop petit, comme si, achevant son modelage, le sculpteur avait manqué d'argile et s'était contenté de le figurer par un bourgeon, une ultime boulette récupérée sur ses mains sales. Ses oreilles, à l'inverse, sont beaucoup trop grandes et décollées et bizarrement modelées de méandres inutiles. Sa bouche, beaucoup trop molle et lippue. Ses yeux, franchement, mais de quelle couleur sont-ils ? Cette couleur n'appartient à aucun nuancier, une sorte de marron-glauque bordé d'une espèce de bleu-vinasse. Et par-dessus cette laideur, une misère de cheveux, de la filasse de chanvre à travers laquelle on aperçoit la peau du crâne.

— Arrête ça, Alice, me lance Peter d'une voix toute pâteuse.

— Arrête quoi ?

— Arrête de faire du gringue aux livres. Arrête de les aguicher, là, avec tes doigts, ton sang et tes mines. Tu les rends malades.

Je m'apprête à le moucher, une vexation quelconque sur son physique, ou un juron de l'espèce la plus vulgaire. Je m’abstiens cependant, car, dans la région de mon esprit que je consacre à la culpabilité, et c'est une vaste plaine à l'horizon fuyant, je me demande si je n'aurais pas, par mégarde, incidemment, inconsciemment, affriolé… oui, affriolé ce livre et tant d'autres, comme la salope que je suis peut-être.

Dame Bienséance émet un grondement qui m'évoque celui d'un chien irrité qui s'interdirait d'aboyer. Elle flaire les vilains mots jusque dans les tréfonds de nos cervelles.

— À force, poursuit Peter, le corps de plus en plus avachi, tu vas le faire venir, et personne, crois-moi, personne ne souhaite ça.

Je suppose que Peter a raison. Moi, en tout cas, assurément, je n'ai aucune envie qu'il vienne, d'autant que je ne sais pas de qui il s'agit. Non, je ne sais pas. Et quand bien même je le saurais, je continuerais, têtue, butée, à faire semblant de l'ignorer.

 

Jérôme Noirez

 

 

8

 

Peter se rencogne dans son fauteuil en cuir crevé. J'ai l'impression que le rembourrage qui dépasse par les déchirures va l'avaler. Tant mieux. J'ai envie de lui tirer la langue. J'étais si bien. Je me plaque les mains sur les oreilles, même si Peter ne me parle plus. Même si Dame Bienséance s'est tue. Je baisse la tête est mon regard s'arrête sur le livre.

Il est tombé sur le tapis.  La chute ne l'a pas abîmé, il est refermé, bien à plat sur le sol, comme si on l'avait posé là avec soin. Mon soulagement me surprend. Je me serais... attachée à lui ? Sa couverture a changé, il me semble, mais la lumière est si basse que j'ai du mal à voir. Ou alors c'est un reliquat des drogues. Pourtant mon esprit me parait clair, plus qu'il ne l'a été depuis... L'air sent le frais dans la bibliothèque, et un parfum piquant, entêtant. Salé. Cette odeur devrait me rappeler quelque chose, mais quoi ? Est-ce un effet des médicaments, ou du livre ? Fébrile, je m'agenouille à côté de lui. Je tends la main, ma main intacte. Je vais le toucher, je me retiens. Car la couverture évolue encore, en un tourbillon de bleus et de verts, des couleurs fortes qui tranchent sur le tapis passé. Prenant sur moi, j'effleure la reliure. Le livre s'ouvre aussitôt, un vent froid et coupant s'échappe dans la bibliothèque, secoue les volutes de poussière et fait trembler les pages des ouvrages sur les pupitres. Le bruissement des feuilles envahit la pièce, on dirait que des centaines d'ailes battent sous les voûtes, des flopées de mouettes s'envolent d'un seul coup.  Je crains que ça ne réveille les autres. Je me recroqueville sur le tapis d'Inde. Roulée en boule, j'attends d'inévitables remontrances. Rien ne vient. Je redresse la tête. Peut-être que je délire, qu'en réalité je suis seule à percevoir tout ça, les arômes et les sons, et les embruns sur mon visage, le goût de sel sur mes lèvres, et ce froid vif qui transperce ma robe trop fine. En réalité... Je ne tiens à pas plus que ça à la réalité. Puisque personne ne m'en empêche, je me penche à nouveau sur le livre. Les illustrations intérieures sont différentes aussi. A la place de mon histoire, de mon décor familier, je découvre un océan, des falaises. Un des livres que j'ai lus, contre lequel on m'a mis en garde. J'ai le titre sur le bout de la langue. Ce n'est plus mon vécu que reprend l'étrange volume, mais la matière même de mes rêves. A la trame du tapis d'Inde se mêlent de l'humidité et du sable. Ça me vaudra une punition mais tant pis. L'image m'attire et me happe, je ne suis plus vraiment dans la bibliothèque, pas dans le livre non plus. Entre les deux. Un homme gravit le chemin des falaises. Un silhouette d'ombre qui boîte, une béquille calée contre sa hanche. Une cape effilochée claque dans son dos tel un mauvais présage. L'avertissement de Peter sous mon crâne : tu vas le faire venir. Alors je tremble, bien sûr, et j'ai peur, mais moins que je ne devrais. Et si l'homme venait pour moi ? Une pensée pernicieuse s'insinue dans mon esprit : est-ce que ce serait si mal ? Suivie d'une autre idée, plus défendue encore, si c'est possible : la porte est-elle le seul moyen de sortir d'ici ?

Estelle Faye

 

 

 

9

 

Le visiteur n’a pas encore de visage, mais il a déjà une odeur, délectable : celle des embruns, de la boucane et de la poudre à canons. Toute peur s’évanouit en moi. On voudrait que je craigne cet homme : un vieux loup de rêves, qui chevauche ses désirs d’une façon qui m’est interdite. Mais moi, j’aime d’instinct tout ce qu’il exhale. Je n’ai plus qu’une envie : le rejoindre au plus vite.

Soudain, la falaise s’effrite et s’effondre dans la mer. Le boiteux disparait, emporté par le reflux d’une vague gigantesque. Quelque chose me tire brutalement en arrière ; je retombe dans la pesanteur de la bibliothèque. Le vent se mouche ; le livre se referme à mes pieds, dans un claquement sec et définitif.

Je me débats en vain entre les pattes de deux infirmiers robustes. Quelque part dans l’ombre, Peter pousse un piaulement aigü :

« Voilà, je le savais ! s’indigne-t-il. Tu l’as fait venir ! »

Une voix froidasse, désagréablement familière, coule son frisson dans ma nuque :

« Alice, Alice… il a fallu que tu recommences. Croyais-tu que je ne le saurais pas ?»

Je me tortille dans l’espoir de voir l’homme qui parle. Mes tortionnaires me font pivoter pour me camper face à lui. Deux froides coupelles de verre. Une peau blafarde, sous un tablier blafard. Le docteur Thorn me toise de ses yeux fixes, des yeux de lémurien.

 « Je me doutais bien que ça arriverait. Tu finis toujours par aller trop loin. Tu ne peux pas t’en empêcher. Tu as oublié ce qui s’est passé la dernière fois ? »

Je voudrais rétorquer, mais un pincement dans la chair de mon bras transforme cette intention en couinement misérable. Entre les doigts de l’infirmière-chef, la seringue se vide peu à peu de son sérum. Déjà, mes membres s’engourdissent…  

 « Bien sûr que tu as oublié, chuinte le docteur, un sourire cruel aux lèvres. Une fois encore... Les livres, Alice. C’est toi qui les rends vivants ! Tu les laisses déborder dans ce monde... Tu crois toujours que ce sera beau, mais ça finit forcément par ressembler à ton âme malade. Un jour, ça nous perdra tous ! »

Je jette un œil au tapis : toujours trempé et sablonneux, preuve que mes songes sont bien réels. Le docteur Thorn se penche en avant, ramasse le volume de cuir et le jette dans l’âtre. Le crépitement des pages qui brûlent me retourne le cœur : l’impression d’entendre mourir mes oisillons. Puis l’aliéniste revient se pencher à mon oreille, plus glacial que jamais :

« Jamais nous n’aurions dû te laisser revoir la bibliothèque. Maintenant, il va falloir encore augmenter la dose, tu ne nous laisses pas le choix. Il faut éteindre ces rêves, tu comprends ? Toi et Peter… vos mondes… ils doivent absolument être contenus. Vous avez déjà causé tellement de mal… »

Je baisse le front au fur et à mesure que la mémoire achève de me revenir. Un fléau, voilà ce que je suis. Un cataclysme en puissance. J’entends Peter tressaillir d’un rire silencieux, comme une bouilloire qui fuit… si mon visage pouvait encore exprimer quelque chose, ce serait une grimace de mépris. Cela fait longtemps qu’il s’est résigné, alors vous pensez s’il se délecte de ma capitulation ! Mais il se trompe lourdement : j’ai repris conscience de mes dons. Cette fois,  je n’oublierai plus.  Je m’en fais le serment.

Et tandis qu’on me conduit vers la cellule capitonnée, je renouvelle silencieusement cette promesse : un de ces jours, je les prendrai tous de vitesse. Je n’ai même plus besoin de livres pour le faire : il me suffit d’imaginer. Je laisserai déferler ma mer sur ce lieu sordide, et je les emporterai dans ma tempête. Puissent-ils tous en crever !

                                                                                      Stefan Platteau

 

 

Les auteurs et l’illustrateur

 

Après des études à l'école Emile Cohl, Nicolas Fructus a travaillé dans le domaine de la jeunesse et l'animation. Illustrateur, concepteur graphique, ce caméléon travaille également dans le domaine du jeu de société, dans la bande-dessinée (Showman Killer, Delcourt)  et les beaux-livres (Kaddath, le guide de la cité inconnue, Prix Spécial du jury des Imaginales 2011 et Jadis, aux éditions Mnémos). 

 

Charlotte Bousquet a écrit une quarantaine d’ouvrages pour adultes et adolescents, dans des genres aussi différents que la bande-dessinée, le roman historique (Là où tombent les anges, Gulf Stream éditeur) le thriller ou la fantasy. Cytheriae (éditions Mnémos) obtient le prix Elbakin en 2010 et le Prix Imaginales en 2011. Coup de cœur des Imaginales 2011, elle est lauréate du PIC 2012 avec Nuit tatouée.

Charlotte Bousquet est auteure-associée des Imaginales 2016.

 

  Johan Heliot publie un premier roman, La Lune seule le sait, aux éditions Mnémos et obtient le Prix Rosny aîné en 2001. Après des incursions dans le territoire de l’uchronie et du steampunk, il séduit les professionnels, la critique puis les amateurs de romanesque authentique, avec plus de cinquante titres, destinés aussi bien aux adultes qu'aux plus jeunes lecteurs. C.I.E.L : L'Hiver des machines (Gulf Stream éditeur), fait partie de la sélection du PIC 2016.

 

Silène Edgar a écrit plusieurs romans pour adultes et adolescents, seule ou en collaboration avec Paul Béorn (14/14, Castelmore, prix Gulli 2015). Récit d'anticipation, Fortune Cookies (Bragelonne), qui se déroule dans une France où les libertés individuelles sont foulées aux pieds, a des résonances terriblement actuelles. Adèle et les noces de la reine Margot (Castelmore) fait partie de la sélection du PIC 2016.

 

Fabien Fernandez est auteur et illustrateur (Voyage polaire, éditions Nomades). Passionné par le jeu de rôles, il a écrit plusieurs ouvrages, seul ou en collaboration (Nécropolice, les XII Singes). Pour les adolescents, il a récemment publié Cœur sauvage, un récit initiatique aux confins de la Russie et L'Enfant mitrailleuse (Oskar éditeur), texte court et percutant sur les enfants soldats. 

Fabien Fernandez coordonne depuis plusieurs années la fresque des Imaginales.

 

Auteur à « large spectre », Jérôme Noirez est musicien et écrivain. Il écrit pour les adultes, les adolescents et les enfants. Polar historiques dans le Japon médiéval ou l'Amérique esclavagiste (L'Empire invisible, Gulf Stream éditeur), fantasy baroque, récit contemporain glaçant et décalé (120 journées, Calmann-Lévy), il explore tous les genres, même le conte et a obtenu de nombreux prix. Roman d'horreur et d'amour, Brainless fait partie de la sélection du PIL 2016. 

 

Actrice et réalisatrice, Estelle Faye est actrice boit trop de café, travaille tard dans la nuit et fréquente des gens étranges. De temps en temps, elle écrit des histoires. Comme Porcelaine (Les Moutons électriques, prix Elbakin 2013). Ou  La Voix des oracles aux éditions Scrinéo (Thya, le T1, a obtenu le Prix Imaginales jeunesse 2015), a Ou encore, Éclat de Givre (Les Moutons électriques).

Estelle Faye a été Coup de Cœur des Imaginales en 2015.  

 

Stefan Platteau est historien et auteur de spectacles d'histoire vivante. Manesh, premier roman, et premier opus d'une trilogie, Les sentiers des astres,  a obtenu le prix Imaginales 2015. Il a récemment publié Dévoreur, court roman situé dans le même univers. 

Stefan platteau est Coup de Cœur des Imaginales 2016.

 

 

Jérôme Noirez

INTERVIEW Jean-Philippe JAWORSKI pour les IMAGINALES 2016 (par Orfilinn)

Vos deux premiers livres ont remporté plusieurs prix (Gagner la Guerre : Prix Imaginales du meilleur roman francophone 2009 et prix du premier roman Région Rhône-Alpes. Même pas mort : Prix Imaginales du meilleur roman francophone 2014 et prix Planète SF des blogueurs 2014). Vous avez été le coup de cœur 2009 du festival. Un beau palmarès et une belle reconnaissance pour un jeune auteur, comment avez-vous vécu cela ?

« Avant tout, ces marques de reconnaissance font immensément plaisir. Elles contribuent aussi à rassurer. Je n'ai pas l'écriture facile : ce que je couche sur le papier est le fruit d'un processus assez laborieux, émaillé d'hésitations et de repentirs. J'essaie autant que possible de remédier à mes insuffisances par des relectures et réécritures successives, mais j'ai souvent le sentiment de manquer de recul sur le texte final tout simplement parce que d'un jour à l'autre, je ne suis plus d'accord avec moi-même. Dès lors, voir mes romans distingués par différents prix contribue à dissiper certaines de mes incertitudes. Bien sûr, ce n'est rassurant que rétrospectivement ; pour les livres à venir, cela maintient la pression… »

 

Pourquoi avoir situé l’action de votre cycle Rois du Monde chez les celtes ? L’époque et les croyances se prêtaient judicieusement à un traitement  « Fantasy » ? 

« Une partie de l'imaginaire collectif, aux sources de la fantasy, provient du folklore. Et le folklore occidental est formé de résurgences plus ou moins métamorphosées de motifs celtiques. Or au cours des trente dernières années, l'archéologie et la linguistique ont fait des progrès considérables dans la connaissance du monde celtique de l'Antiquité ; dans une moindre mesure, le comparatisme religieux et les historiens ont aussi complété et révisé notre représentation de cette civilisation. Cela m'intéressait, sur le plan romanesque, de revenir aux sources de notre imaginaire en exploitant les découvertes et les hypothèses les plus récentes. Par ailleurs, l'outre-monde est si proche du nôtre dans la mentalité celtique que leur rencontre produit spontanément un univers enchanté, et par conséquent un univers de fantasy. »

 

D’ailleurs, concernant la 2ème partie de ce cycle, Chasse royale, il a été scindé en deux tomes, la première partie étant sortie en 2015. Où en est la deuxième partie ?

« Elle est bien avancée, puisqu'elle est déjà d'un volume équivalent à la première partie. Mais elle n'est pas finie : en effet, le premier tome ne comportait qu'une des trois parties de Chasse royale ; le deuxième tome en comportera deux. »

 

Votre premier recueil de nouvelles, Janua Vera, et vos deux premiers romans sortent en livre audio (chez Audible). Avez-vous participé à leur conception ? Était-ce un souhait de votre part ?

« Jean-Christophe Lebert, le comédien qui fait la lecture de mes livres, a eu l'amabilité de me contacter à titre privé. Nous avons donc pu échanger à propos des textes : nous nous sommes concertés sur quelques difficultés et je lui ai donné des informations sur certains passages ou certains personnages  dont le développement ultérieur pouvait orienter l'interprétation. Je lui suis d'ailleurs très reconnaissant d'avoir opté pour une interprétation de conteur plutôt que pour une lecture plus lisse. Je vois d'après les évaluations sur le site d'Audible.fr que le public apprécie beaucoup sa performance dans Même pas mort et Chasse royale. »

 

Jean-Philippe Jaworski lisant des extraits de Même pas mort © Imaginales 2016

 

Durant les Imaginales 2015, vous avez lu certains passages de Même pas Mort dans la yourte, dans une ambiance sombre et confinée. Quel a été votre ressenti ?

« Comment dire ?… Bon, allez, soyons sincère ! Je vais vous livrer le souvenir le plus marquant qui m'en est resté. Pendant la lecture, un malotru musicien facétieux s'est mis à jouer de la bombarde juste à l'extérieur de la yourte. Une bombarde, c'est autrement bruyant qu'une flûte ! Et le croque-notes a interprété plusieurs morceaux ! Ce qui fait que j'ai dû vraiment hausser le ton pour rester audible. Mon côté prof bouillonnait et me poussait à sortir en vitupérant pour envoyer l'amphion au bureau du CPE. Comme je suis quelqu'un de civilisé, j'ai su garder mon calme mais j'ai failli y laisser ma voix. »

 

Vous revenez pour la 9e année consécutive aux Imaginales !  Que représente le festival pour vous ?

« C'est un événement incontournable dans l'année et un festival auquel je retourne toujours avec beaucoup de plaisir (malgré les joueurs de bombarde). C'est l'occasion d'y rencontrer des auteurs que l'on a lus mais que l'on n'a jamais rencontrés, d'y retrouver des amis et des acteurs du milieu. Par-dessus tout, la rencontre avec le public y est facile et très agréable : les échanges y sont très enrichissants pour les auteurs, puisqu'on a ainsi quantité de retours, mais aussi d'attentes, formulés par les lecteurs. »

IMAGINALES 2016 : Interview Diane et Sandra (par Orfilinn)

Diane OZDAMAR et Sandra VIOLEAU sont des habituées du festival. Toutes deux illustratrices, elles participent pour la seconde année consécutive à l’élaboration de la fresque sous la Bulle du livre. La réalisation de cette œuvre collaborative va les solliciter durant les 4 jours du festival, avec Fabien Fernandez, qui est également aux pinceaux et qui en coordonne la réalisation.

 

Tout d’abord : c’est quoi, cette histoire de fresque ?

Sandra : Le but est de peindre une œuvre pendant les 4 jours du festival et de s'inspirer du thème de l'année. C'est notre façon à nous d'animer : les gens nous regardent peindre en direct.

Diane : Sandra a tout parfaitement résumé ! C’est aussi un beau moment de partage entre artistes d’horizons variés, le challenge est de pouvoir conjuguer nos différents univers pour en faire ressortir une œuvre cohérente.

 

Comment avez-vous travaillé ensemble, avec Fabien, sur le projet de cette année ?

Sandra : Comme chaque année, on se contacte par email environ un mois en avance échanger des idées et commencer un croquis. Cette fois on a décidé de faire notre esquisse comme un "cadavre exquis". L'un de nous commence un bout du dessin et les autres continuent ensuite en se basant sur ce que le premier à fait.

Diane : C’est un processus très intéressant, très libre, qui permet d’explorer des pistes qu’on n’aurait pas forcément osé aborder si on s’était mis des barrières d’entrée de jeu. Le procédé du cadavre exquis laisse une place importante à l’imaginaire, et nous offre également la possibilité de ne pas nous cloisonner chacun sur une partie de la fresque mais d’en occuper tout l’espace en mêlant nos différents univers.

 

Pouvez-vous nous dévoiler quelques éléments, quelques détails sur le thème de cette année ?

Sandra : Il y aura de la magie, du fantastique bien sûr ! Et des animaux. L'année dernière on avait eu des méduses, des poissons et un superbe poulpe. Cette fois encore on va s'inspirer de nos amis les bêtes pour enchanter le festival.

Diane : Il y a des petites touches de créatures mythologiques, de folklore nord-américain notamment, mais je ne vais pas en dire trop, ça sera à découvrir sur le salon. Par ailleurs, nous sommes pour l’instant encore dans la phase du cadavre exquis, nous ne savons donc pas encore à quoi ressemblera l’image finale !

 

Habituellement réalisée par 4 personnes, la fresque sera réalisée cette année par trois artistes. Cela relève-t-il le challenge ? Comment allez-vous vous organiser, entre la fresque et les dédicaces ? 

Sandra : Il faudra peut-être se donner un peu plus à fond, mais il y a tellement une bonne ambiance de travail que je suis confiante. On s'arrangera pour que chacun ait le temps de rencontrer son public tout en avançant la fresque.

Diane : Je ne me fais pas de souci non plus ! Ça sera peut-être même l’occasion de travailler différemment en optant pour un aspect plus impressionniste à certains endroits, d’explorer d’autres techniques nous permettant de compenser notre nombre réduit. On peut en faire une force en s’organisant bien, et trouver le temps de dédicacer entre deux coups de pinceau !

 

Fabien fernandez, Sandra Violeau et Diane Ozdamar devant la fresque terminée © Imaginales 2016

 

Quels sont respectivement vos projets en cours ?

Sandra : Je travaille sur des projets de livre pour enfants et de bande dessinée, toujours sur des thèmes fantasy/fantastique/conte. Et puis je me suis prise d'affection pour les faire-part de naissance ou de mariage. Du coup je jongle entre le monde de l'édition et les particuliers qui veulent des dessins pour leurs évènements.

Diane : Je n’ai pas beaucoup de temps actuellement pour me consacrer à de gros projets d’illustration, étant donné que mes journées sont occupées par mon travail d’infographiste, et mes soirées/weekends par la préparation de concerts avec mon groupe, du coup ça se limite plutôt à des illustrations personnelles pour le moment. Mais j’espère pouvoir terminer une série de peintures en vue d’une exposition en fin d’année.

 

Revenir aux Imaginales, ça vous fait quoi ?

Sandra : Super plaisir ! C'est un festival humain où on fait plein de rencontres que ce soit des auteurs qui partagent leur expérience ou des passionnés avec qui le contact se fait facilement. Je suis ravie d'être de retour encore cette année.

Diane : Je n’aurais pas dit mieux ! Ravie d’y retourner également, j’avais découvert les Imaginales l’année dernière et avais été très agréablement surprise par l’ambiance particulièrement conviviale, les échanges très enrichissant avec les auteurs et visiteurs, ainsi qu’avec les organisateurs du festival.
Et c’est un grand plaisir de pouvoir à nouveau travailler sur la fresque en compagnie de Sandra et Fabien !

INTERVIEW BRUCERO pour les IMAGINALES 2016 (par Orfilinn )

Après "À la recherche de la Mandragore", votre ouvrage (réédité 4 fois !) créé avec Pascal Lamour, vous avez de nouveau collaboré ensemble  pour publier récemment "Druiz" ; qui revient sur Ananxis, le druide déjà présent dans le précédent opus. Vous pouvez nous le présenter ?

« C'est une saga entre réel et imaginaire qui au travers du portrait du jeune Ananxis, futur grand druide et qui sera sans doute l'un des derniers. C'est aussi un portrait en creux de la Bretagne du Ve siècle entre histoire et légende. On a essayé de saisir ce qui fait l'âme celtique. »

 

Brucero en dédicace aux Imaginales 2016

 

Votre univers est intimement lié à la culture celtique. Celle-ci est le moteur de votre création ? Réalisez-vous quelques fois des œuvres hors de votre domaine de prédilection ?

« Pour moi, la culture celtique c'est à la fois mes racines et ce qui me porte vers l'avenir, dans une notion de continuation. L'univers celtique est en effet un de mes sujets principaux, un moteur d'inspiration mais il n'est pas le seul fort heureusement. En fait, ce qui me meut c'est l'imaginaire que j'ai trouvé naturellement dans mes origines celtiques et qui me porte partout où cette source coule. »

 

Pour vous : « l’illustration est un carrefour entre les deux arts suivant : la peinture et la BD ». Concrètement, comment travaillez-vous vos projets ? Plutôt en traditionnel ou en numérique ?

« Tout d'abord je ne travaille qu'avec des techniques traditionnelles. Ensuite, quand je travaille sur un sujet, le fait d'y penser et d'y réfléchir me fait percevoir des images mentales qui arrivent souvent spontanément, comme des visions. Ensuite, tout le jeu est de s'en approcher du plus près de ce que j'ai pu imaginer par un lent travail de croquis, puis de dessins pour finir par une mise en couleur avec de la peinture. »

 

Cette année, en plus d’être invité au festival, vous exposez plusieurs illustrations originales à la Bibliothèque Multimédia Intercommunale d'Epinal. Pouvez-vous nous parler de cette exposition, visible du 24 mai au 29 août ? Quel est le fil conducteur ? 

« Cette exposition est un panorama d'éléments de mon travail depuis une dizaine d'années avec des choses anciennes et d'autres toutes récentes. Si cette exposition doit avoir un but c'est de montrer la variété de mes inspirations, de mes univers et de la manière dont je les réalise car j'aime naviguer dans des styles et des intentions très différents, même si au final, on doit sentir une certaine unité. »

 

L'esprit de la forêt © Brucero

 

Sur quel(s) projet(s) travaillez-vous actuellement ? Avez-vous comme projet d’une mise en musique de Druiz par Pascal Lamour, comme il l’avait fait pour À la recherche de la Mandragore ?

« Actuellement je travaille sur un projet ambitieux avec Pierre Dubois qui va quitter l'univers celtique strict pour aller vers plus d'universel. On sera dans un univers de conte et féerie. Quant à la musique de Druiz, on en parle mais rien n'est encore arrêté. »

 

A la recherche de la Mandragore © Brucero

 

Vous êtes déjà venu deux fois au festival par le passé, la dernière fois en 2011. Pour vous, ce retour aux Imaginales, ça vous fait quoi ?

« Cela me fait très plaisir. C'est une manifestation phare en France dans le genre de la littérature et de l'illustration fantastiques, il me semblait important d'y revenir. »

INTERVIEW de Philippe JOZELON pour les IMAGINALES 2016 (par Orfilinn)

Vous connaissez le festival, pour y être déjà venu en 2005 ; vous voici de retour cette année, avec en plus une exposition ! Pouvez-vous dans un premier temps nous parler de votre univers ?

« Je suis donc illustrateur (de couvertures de livres) depuis pas mal d'années, et j'ai œuvré notamment au Fleuve Noir en illustrant la collection Bibliothèque du Fantastique et surtout la collection La Compagnie Des Glaces de G.J. Arnaud. Par la suite, j'ai travaillé pour la plupart des éditeurs du genre, en Fantastique principalement. Tout en illustrant ici et là, j'ai développé en parallèle un univers graphique qui tentait d'échapper justement aux codes de l'illustration et de l'anecdote. C'est cet aspect de mon travail qui fait actuellement l'objet de cette exposition à Epinal, HANTISES.

Je ne crois pas avoir eu de « périodes » très distinctes et successives, le Fantastique a toujours été mon genre préféré car il permet, selon moi, de visualiser et mêler à la fois des aspects du monde « réel » et des mondes invisibles, avec finalement peu de codes trop dogmatiques ou alors facilement contournables, contrairement aux autres genres, la SF ou la Fantasy. Le fantastique est donc un terrain graphique extrêmement libre dans lequel je peux parfois et dans le meilleur des cas, y laisser une empreinte personnelle plus forte.

Depuis quelques années, les commandes illustratives se sont raréfiées très sévèrement, ce qui m'a permis de retravailler de manière plus intensive mes créations personnelles, dont ce projet HANTISES, dédié à la ville de Tonnerre (dans laquelle je vis depuis 2 ans) et à des mondes en ruines ou à l'abandon. »

 

Comment travailles-tu tes œuvres ? Quelles sont tes techniques de travail ?

« Que ce soit pour mes travaux illustratifs ou plus personnels, comme Hantises, j'emploie depuis des années les techniques numériques, plus spécialement Photoshop. Pour moi, qui ai une formation artistique très traditionnelle (peinture, dessin), les outils numériques représentent une continuité et un enrichissement (puisque je rajoute la photographie) dans ma manière de faire des images. Je ne rentre pas dans les conflits de chapelle que mes collègues adorent, « tradi vs digital » car j'ai toujours aimé peindre (acrylique, huile) d'une certaine manière, et, par le numérique, j'ai le sentiment de poursuivre, en plus subtil, ce goût pour l'acte de peindre. Avant l'arrivée des outils numériques, je bricolais déjà sur des montages de photocopies sur papier et transparents et repeignais dessus. Je regrette juste d'avoir tardé à me mettre aux outils numériques, mais bon, le pas est franchi depuis longtemps et ça me convient parfaitement. Et, il n'est pas interdit de penser qu'un de ces jours, je rebricolerai le papier, le pinceau et la peinture acrylique ou autre. »

 

 

Concernant l’exposition : de l’idée de départ à la réalisation finale, comme tout cela s’est-il construit ?

« Il y a tout d'abord le concept Hantises : une recherche personnelle, non illustrative, non narrative sur des climats, des lieux (maisons anciennes de Tonnerre) particuliers et « hantés » par la vie passée des gens qui y vivaient et par ce que ces lieux sont devenus, abandonnés, envahi par la nature parfois, mais toujours vibrants… ce sont ces vibrations que j'ai envie de saisir et montrer, ainsi que la conservation, très artistique de la mémoire (des lieux). Ce projet qui ne fait que démarrer (depuis 2 ans) et que j'espère publier sur papier un jour, évolue et me permet de tester des manières différentes de travailler. Il se trouve que ces images intéressent plus de monde que je ne l'imaginais, et surtout un public non tonnerrois, j'ai donc testé une première petite exposition à Nancy il y a quelques mois, grâce à Florence Dolisi. Et ainsi, Stéphane Wieser à découvert cet univers et m'a proposé aussitôt de participer aux Imaginales avec cette exposition…. Et voilà ! :) »

 

Que souhaitez-vous susciter  auprès des personnes parcourant votre exposition ?

« Comme la plupart des artistes qui montrent leur travail, j'espère simplement que la plupart de ces images feront un peu rêver, voyager le public, et leur permettra d'interpréter à leur guise ces petites vibrations tonnerroises. Et c'est aussi le moyen d'évoquer Tonnerre en Bourgogne, et de partager ainsi ma passion pour cette ville très étrange. Je préfère que les gens s'intéressent directement au fond, au contenu des images en leur permettant de s'approprier leurs sens, plutôt que de se perdre dans les éternelles et ennuyeuses discussions des techniques et du genre (photographie ou pas, peinture ou pas etc.). »

 

Vous revenez donc aux Imaginales, où vous serez présent le vendredi et le samedi. Le festival a beaucoup évolué en 10 ans ! Quelle est votre impression ? 

« Effectivement, c'est pour moi un retour dans le petit monde curieux de la SFFF, après de longues années d'amnésie générale ! C'est à la fois très amusant, flatteur et aussi un peu anxiogène car je vais y croiser des gens qui ne m'ont plus adressé la paroles depuis des années-lumières, des éditeurs indélicats et silencieux et une faune tout aussi absente auparavant donc bon… on verra bien !! J’y ai aussi gardé quelques belles amitiés, et je me réjouis de les voir. Comme je suis devenu un animal assez sauvage, je saurai m'enfuir si besoin est ! :) »

Les lauréats du Prix Imaginales 2016 sont dévoilés !

À la veille de l’ouverture des Imaginales, nous vous dévoilons les heureux lauréats du Prix Imaginales 2016 pour chaque catégorie. Vous pourrez en rencontrer certains dans les jours à venir, dans l’espace de dédicace de la Bulle du livre, et les écouter en cafés littéraires et tables rondes sous les Magic Mirrors !

Tous ces prix sont mérités, mais nous tenons à saluer tout particulièrement Marie Brennan, l’une des nouvelles plumes américaines présentes cette année à Épinal, qui a fait l’unanimité, du jury et de l’équipe du festival !

 

Lauréat catégorie roman francophone :

  • Manon FARGETTON, L’Héritage des Rois Passeurs (Bragelonne) - Lauréat

 

Lauréat catégorie roman étranger traduit :

  • Marie BRENNAN, Une histoire naturelle des dragons – Mémoires de Lady Trent t.1 (L’Atalante), traduction de Sylvie Denis – Lauréate

 

 

Lauréat catégorie jeunesse :

  • Catherynne M. VALENTE, La fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains (Balivernes), traduction de Laurent Philibert-Caillat – Lauréate

 

Lauréat catégorie illustration :

  • Melchior ASCARIDE pour l’identité graphique des Moutons électriques – Lauréat

 

Lauréat catégorie nouvelle :

  • Estelle FAYE, « Une robe couleur d’océan » (Légendes abyssales, anthologie officielle du Salon fantastique, Mythologica) – Lauréate

 

 

Lauréat catégorie prix spécial du Jury :

  • Éditions Callidor, pour leurs traductions inédites de classiques de l’imaginaire, collection « L’âge d’or de la fantasy » – Lauréat

Victor Dixen, lauréat du Prix Imaginales des collégiens !

Mardi 3 mai 2016, les collégiens ont rendu leur verdict : le coup de cœur des Imaginales 2014, Victor Dixen, a remporté la première place avec Phobos !

Cette année, près de 40 collèges ont participé, dans le cadre des Imaginales, à ce prix littéraire très apprécié des auteurs, des lecteurs, et des éditeurs ; un intérêt qui ne cesse de croître d’année en année !

Les jeunes lecteurs ont dû lire les romans sélectionnés par un comité de lecture composé de professeurs de lettres et de documentation, et défendre leur ouvrage préféré.

En tout, cinq livres étaient en lice :

  • Victor Dixen, PhobosRobert Laffont ;
  • Silène Edgar, Adèle et les noces de la reine MargotCastelmore ;
  • Johan Heliot, Ciel t.1, L’Hiver des machines, Gulf Stream;
  • Élodie Tirel, É-DEN t.1, Les Survivants, Michel Quintin ;
  • Amélie Sarn, Resurectio, Seuil.

 

 

Laissez-vous tenter par le choix des collégiens, et découvrez Phobos :

« Six prétendantes d’un côté.
Six prétendants de l’autre.
Six minutes pour se rencontrer.
L’éternité pour s’aimer.

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments  séparés d’un même vaisseau spatial.
Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées.
Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues.
Elle a signé pour la gloire.
Elle a signé pour l’amour.
Elle a signé pour un aller sans retour.
Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter. »

 

 

Victor Dixen rencontrera ses lecteurs tout au long du festival (cf. son programme, bientôt en ligne), en particulier lors d’une rencontre destinée aux collégiens, jeudi 26 mai, à 11 heures, puis lors de la remise du Prix Imaginales des collégiens, à 14 heures1.

À noter : une préquelle de la trilogie Phobos2 évoquant le difficile passé terrien des douze personnages sera publiée mi-juin. Exceptionnellement, le roman sera disponible en avant-première aux Imaginales !

 

 

1 Attention : ces rendez-vous sont destinés en priorité aux classes (sur inscription), et au public généraliste dans la limite des places disponibles !

2 Le tome 3, qui clôt le cycle, sortira en novembre. Victor Dixen en lira quelques extraits pour les festivaliers…

Les Imaginales, ce sont aussi des soirées inoubliables !

Les quatre jours du festival comptent aussi quatre soirées magiques (des fois que les journées ne vous suffisent pas…). Du plaisir pour les yeux, pour les oreilles et pour le palais, on vous promet de tout aux Imaginales. Laissez-vous séduire par ce délicieux programme…

 

Le dîner insolite des Imaginales

Un « dîner insolite du patrimoine », c’est la visite d’un lieu exceptionnellement ouvert au public, un dîner gastronomique mis en scène par les entreprises haut de gamme du linge de maison, des arts de la table et de la décoration florale, le tout orchestré par le chef Fabrice DURAIN, épaulé par les écoles de cuisine et d’hôtellerie vosgiennes.
Le dîner sera animé par un spectacle de danse chorégraphié et interprété par Anne MARION de la compagnie Aéronef.

En présence d’Hélène LARBAIGT, illustratrice de l'affiche 2016 des Imaginales, Prix de l'Illustration des Imaginales 2015 et de Stefan PLATTEAU, coup de cœur des Imaginales 2016.

> Magic Mirrors 1, mercredi 25 mai à 20h30
Réservation obligatoire : Office de Tourisme d’Épinal / 03 29 82 53 32

 

 

Les larmes acides de Bonne maman

Spectacle de Julie Aminthe proposé par les ATP, avec la compagnie Les Sens des mots.

Les Amis du théâtre Populaire (ATP) vous présente les célèbres « binômes » de Thibault ROSSIGNEUX. Selon un protocole précis et minuté, chaque couple – un scientifique et un auteur – donne naissance à un texte mis en lecture par un collectif de comédiens-metteurs en scène, accompagné d’une création musicale. Chaque lecture est précédée par un film racontant la rencontre du binôme. Le chercheur devient l’objet d’étude du dramaturge qui écrit une pièce d’une demi-heure librement inspirée de leur échange. Le résultat, sensible et drôle, nous offre un regard inhabituel sur la science et ceux qui la pratiquent.

> Magic Mirrors 1, jeudi 26 mai à 20h30

Plein tarif : 10 € ; tarif jeune : 5 €
Réservation obligatoire : Office de Tourisme d’Épinal / 03 29 82 53 32

 

Voyages en imagin’aiRs

Chaque année, le Floréal Musical d’Épinal présente aux Imaginales un spectacle de grande qualité et y invite de jeunes artistes. Cette année, Héloïse MAS, chanteuse mezzo-soprano, propose un spectacle original où des créatures de l’imaginaire raconteront leur histoire au fil de pièces de musique de chambre.
« Quand Le Voyageur pose ses mains sur le piano, j’entends une vie de marches, de déserts, de forêts, de cascades d’eau verte ; je vois des fleurs aux couleurs improbables. »

Avec :
Le Voyageur : Masahiko OMORI, pianiste ;
L’Elf : Justine ODASSO, violoncelliste, chambriste ;
Diana : Héloïse MAS, mezzo-soprano, conceptrice du spectacle.

> Magic Mirrors 1, vendredi 27 mai à 20h30, 20 €
Vente des billets sur place / Placement libre.

 

 Le Naheulband en concert

Pour clore cette édition exceptionnelle, la formidable équipe du Naheulband va vous entrainer dans un tourbillon de musique enjouée aux paroles drôlissimes. Issu de la saga du Donjon de Naheulbeuk et des fameuses histoires proposées initialement en format Mp3, le groupe musical emmené par John LANG (alias Pen of Chaos) est désormais l’un des groupes incontournables des musiques de l’imaginaire. Il offre chaque fois un concert vivifiant, composé de chansons « rôlistichaotiques » ! Vous les avez déjà vus ?  Vous savez que c’est à ne pas rater ! Vous ne connaissez pas encore ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

> Salle de La Souris Verte, samedi 28 mai, 20h30, 9 € (plein tarif), 6 € (tarif réduit), 3 € (abonnés/adhérents).
Billetterie en ligne

 

 

Cabaret de poche

Dans ce cabaret de poche, on trouve des chansons, des danses, et des récits. De la bonne humeur, du fantastique, de l’émotion et de la poésie. Vous désirez une cure de bonnes ondes, venez vous y ressourcer. Guillaume LOUIS aux histoires, Émilie FERRY aux chansons, Pierre ZIMMER à l'accordéon, et Stéphanie COURT aux chorégraphies. Quatre personnalités fortes et joyeuses, quatre artistes étonnants et attachants.

> Magic Mirrors 1, samedi 28 mai, à 20h30, 10 €
Billetterie sur place

 

 

Cinés Palace

Comme chaque année, les Cinés Palace proposent des projections en lien avec les Imaginales. Pour cette édition 2016, on vous invite à venir visionner l’avant-première du film The Witch.

Premier long métrage écrit et réalisé par Robert EGGERS, The Witch est un film d’horreur américano-canadien, sorti en 2015 aux États-Unis et au Canada. Présenté en janvier 2015 au festival du film de Sundance, il a obtenu le Prix de la mise en scène. Dans la Nouvelle-Angleterre de 1630, une famille de colons est bannie de sa communauté et doit bientôt se confronter à une force maléfique qui hante la forêt. La projection sera précédée d’une discussion avec James MORROW, auteur du Dernier chasseur de sorcières.
> Vendredi 27 mai à 19h30 - Cinés Palace

Vous pourrez également profiter de la sortie de Warcraft : le commencement, le film éponyme du célèbre jeu vidéo de stratégie ayant su rassembler plus de 10 millions de joueurs grâce à son adaptation en MMORPG (jeu en ligne massivement multijoueurs).

 

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