Élise FISCHER
Né en 1948
Née en 1948 à Champigneulles, Élise Fischer est lorraine par son père et alsacienne par sa mère, qu’elle a mis au centre de son dernier livre : dans Appelez-moi Jeanne (Fayard, 2007), elle incite sa mère malade à prendre la plume, ce qui débouche sur de beaux témoignages et redonne des forces à cette femme affaiblie.
Élise Fischer a également publié deux essais sur les droits de l’enfant et plaidé leur cause dans des romans comme L’Enfant perdu des Philippines (Presses de la Cité, 2006).
Journaliste, productrice et animatrice de l’émission littéraire Au fil des pages (RCF), Élise Fischer a souvent été récompensée pour ses romans dont la majorité se déroule en Lorraine. À travers les destins des personnages forts et émouvants de ses sagas familiales (les brasseurs de bière, les cristalliers Daum), elle retrace non seulement l’histoire de sa région (la mine) mais esquisse une balzacienne comédie humaine.
Lire Élise Fischer, c’est avant tout partager son amour pour la Lorraine à travers des récits sensibles et poignants. Et là, nous sommes souvent du côté du roman historique.
Bibliographie
Elles se prénomment Violette, Margotte, Christine, Maryam, Fadela, Mireille, Anna, Hélène ou Donatella.
De la fillette muette et meurtrie à la mère de famille nostalgique, de l'ancienne danseuse classique à la french doctor solitaire, Elise Fischer décline les portraits d'héroïnes modernes, toutes lorraines ou liées à la Lorraine, à un moment décisif de leur existence ou à l'occasion d'un événement pittoresque de leur quotidien. Les dix nouvelles de ce recueil revêtent chacune une tonalité différente : légère ou mélancolique, lumineuse ou cruelle, vibrante de passion ou délicate comme une mirabelle.
Toutes portées par une écriture chaleureuse, par l'amour d'un auteur pour sa région et ses paysages, ces courtes histoires vraies et humaines toucheront les coeurs.
La Convention des droits de l'enfant fête les vingt ans de son adoption par l'ONU.
Quel est le bilan de ces deux décennies ? Seize nouvelles donnent la parole aux acteurs du monde à venir. Au Brésil, l'enfant des favelas est toujours livré à lui-même. Au Pérou, des petites filles sont vendues comme bonnes à tout faire à de riches familles bourgeoises. Au Rwanda, bien des enfants qui ont survécu au génocide y ont laissé la raison. A Gaza, entre deux trêves, entre deux guerres, des gosses jouent au cerf-volant.
Leur rêve ? Oser devenir grand. " L'enfant est le père de l'homme ", a écrit le poète Wordsworth. Ce livre émet le voeu que l'homme ne devienne pas trop vite orphelin.
" Un jour, je partirai, j'irai en Alsace.
Il paraît que j'y suis née. Depuis que j'ai fait cette découverte, j'ai envie de voir ce pays. De le respirer. De savoir si je ressemble à cette région. " C'est ainsi qu'en 1976 la jeune Flora quitte le vignoble bourguignon pour les vignes d'Alsace. Elle est libre de toute attache, mais cette liberté a le goût amer d'une quête éperdue de racines. La jeune femme découvre les innombrables beautés de la région et le Kaefferkopf, ce vignoble à nul autre pareil, mais elle doit affronter la sévère maîtresse du domaine, Grete.
Entre ces deux femmes, la guerre est déclarée, violente et passionnée, sous le regard de Clément, l'enfant de Grete, trop sage. Or, lui seul sait la vérité... Au c?ur des vignes d'Alsace, Elise Fischer raconte la rude confrontation entre deux femmes unies par l'amour de la terre et d'une région, et par un secret de famille...
J'ai racheté la belle maison vosgienne de mon enfance pour y finir mes jours.
Mes enfants sont loin et mon mari m'a quittée. J'ai passé trop de temps à écrire et à courir le monde, de reportage en cause humanitaire. J'ai négligé les miens, oublié qu'on peut faire le bien près de chez soi. J'ai voulu retrouver des lieux à défaut des êtres. Des souvenirs à défaut d'une famille. Et puis j'ai reçu cette lettre. Une lettre de ma soeur, Lou. Mais Lou est morte il y a vingt ans...
La Lorraine au coeur commence avec mon retour sur cette terre dont j'ai été privée pendant plus de trente ans, obligée que je fus de la quitter pour exercer mon métier.
Pendant toutes ces années, j'ai rêvé ce retour, je l'ai mis en scène jusqu'à ce qu'il se produise. Puis, un beau jour, comme dans mon premier roman La Colère de Mouche, je regarde le camion de déménagement qu'on boucle et qui rapporte de la région parisienne mes affaires en terre lorraine, cette terre craquante, suintante, gorgée de brume et de chaud soleil aussi. Les premières semaines de ce retour - comme dans ce récit autobiographique - vont me conduire en des lieux aimés ou étrangement liés à mon histoire, à mes livres : Lunéville, Charmes, Portieux, Nancy ou chez les frères Daum, originaires du pays de Bitche.
Il y a aussi Dabo, un rocher surgi d'un des plus beaux écrins du massif vosgien, Gérardmer et naturellement Metz avec son audacieux vaisseau de la cathédrale Saint-Étienne et sa gare voulue par le Kaiser et qui avait séduit Proust. Puis, il y a Verdun, où mon père pleurait un proche disparu, et Creutzwald avec sa Madone des mineurs. J'aime évoquer aussi Dun-sur-Meuse, le pays du sculpteur Ipoustéguy, et Pont-à-Mousson avec l'abbaye des Prémontrés.
Et Sion, un long chemin semé d'étoiles... C'est à Fontenoy-la-Joûte - où le camion de déménagement a déposé mes valises - que je poserai à mon tour mon cahier et ma plume. Ces lieux m'ont formée et ont constitué le décor de la plupart de mes livres, à mon tour de vous les raconter et de vous ouvrir mon coeur.
Colporteur sur toutes les routes de l'est de la France, Adrien Mangin, au soir de sa vie, ressent le besoin urgent de livrer le secret qui pèse sur sa conscience depuis plusieurs décennies.
Né à Chamagne, le jeune Adrien entre en apprentissage chez un imprimeur d'Epinal. Il y découvre les secrets de fabrication des images dont le succès a dépassé les frontières et qui sont vendues par les colporteurs de Lorraine. Mais un jour, parce qu'il a voulu défendre la vie de Rose, qu'il aime depuis l'enfance, la vie d'Adrien bascule ; il doit se cacher. Son employeur lui offre une place de colporteur.
Commence alors une fuite éperdue qui va durer toute une vie.
En raison d'un amour interdit, Blanche Bergmann a quitté la Moselle pour Paris et fui la colère de ses parents.
Quinze ans ont passé : devenue infirmière, Blanche est désormais veuve et se rend au chevet de son père mourant. C'est l'heure de la réconciliation et des confessions : juif chassé de l'Allemagne hitlérienne, Kurt Bergmann a trouvé refuge en Lorraine, épousé la fille de réfugiés italiens et connu la solidarité et l'enfer de la mine. Au même moment, un coup de grisou éclate à Forbach. Blanche court au-devant des blessés et met ses compétences professionnelles au service des mineurs.
Serait-ce pour elle l'occasion de changer de vie et de revenir à ses origines ? Car le destin lui réserve bien des surprises...
Prix Victor Hugo et Prix du roman des Conseillers Généraux de Lorraine 2005
" Ma place Stanislas, c'est la plus belle place du monde.
On le dit. Combien d'écrivains ont pris la plume pour laisser la trace de leur émerveillement ? Forcément, cette place qui fait rimer Héré, son architecte, avec Lamour, son décorateur, et marie royalement Louis XV avec Stanislas n'en finit pas d'ouvrir ses portes à l'Histoire. Enjôleuse et coquette, elle invite le passant pour mieux se raconter. Poser ses pieds sur les pavés éclaboussés de soleil a déjà quelque chose d'enivrant.
Il faut fermer les yeux. Alors surgissent les siècles passés... Je pourrais raconter cette histoire, mais je voudrais surtout enchanter le lecteur avec " ma " place Stanislas et substituer son histoire à la mienne. Je suivrai le doigt de Stanislas, avant de lui tourner le dos pour me perdre dans les fresques de Girardet à l'Hôtel de ville. Un pas de côté et le musée des Beaux-Arts m'accueillera. Je n'oublierai pas d'aller saluer Jojo, ce pauvre gorille derrière les grilles de la Pépinière.
Nous avons presque le même âge. Et si cette déambulation me fatigue, j'irai m'allonger à l'hôtel de la Reine où quelques grands de ce monde se sont couchés. Je vous entraînerai aussi aux pieds de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, à la cathédrale toute proche. Nul n'est parfait, j'ai parfois quelques élans mystiques et beaucoup à me faire pardonner. "
"Ecris, Jeanne, écris pour toutes les femmes qui n'ont jamais pu s'exprimer.
Grâce à toi, elles seront reconnues ", supplie Elise Fischer, s'adressant à sa mère qui, à la veille de sa mort, sur son lit d'hôpital, ose enfin lui ouvrir son coeur. C'est le temps des confidences qui débute alors, quand chaque minute et chaque parole comptent. Ce temps passé à l'hôpital sera celui de la chance de Jeanne, celui du stylo tendu par sa fille qui lui permettra, enfin, de se dévoiler entièrement.
Car Jeanne, d'origine alsacienne, a beaucoup à dire sur sa vie, sa famille, la guerre, son mariage; beaucoup de questions aussi : pourquoi a-t-elle été élevée par ses grands-parents ? Pourquoi l'identité de ses parents ne lui aura-t-elle été révélée qu'à l'âge de dix ans ? C'est aussi l'histoire d'un amour interdit pendant la guerre, puis celle d'un mariage non désiré à un Lorrain qu'elle nous révèle ici, car il faut bien donner un semblant de sens à sa vie...
Ce que Jeanne fera, sans rien montrer de ses blessures, grâce à une dignité, une force et un humour sans failles. Si ces pages scrutent l'intime, les secrets de famille, les non-dits, le rapport mère-fille, elles sont aussi le reflet d'un chapitre de l'histoire de la condition féminine dans une époque troublée. Qu'est-ce que cela signifie être une jeune femme alsacienne en terre étrangère pendant la guerre ? Qu'est-ce d'être une femme cultivée dans un milieu ouvrier ? Comment être heureuse lorsque les malheurs vous accablent ? Elise Fischer rend ici un bel hommage à sa mère en nous restituant ses dernières paroles et ses cahiers secrets retrouvés.
Au XVIIIe siècle, après des décennies de guerres, de famines et d'oppression, la Lorraine encore indépendante a retrouvé son âme et son éclat sous le règne du duc Léopold.
Savants, artistes et entrepreneurs se pressent au château de Lunéville où le prince, selon la mode de l'époque, encourage de florissantes faïenceries. Dans son entourage grandit Manon, enfant muette rescapée d'un massacre inexpliqué. D'où vient-elle ? D'où tient-elle cette passion et ce talent de faïencière d'art ? Pourquoi cette adolescente déjà infirme semble-t-elle menacée ? Et qui est ce mystérieux chevalier qui, lui, la protège ? Peu à peu, sous le pinceau de Manon, ornant de motifs et de paysages ces magnifiques vaisselles, la vérité de ses origines va se faire jour.
Prix du Printemps du livre lorrain 2004
Près de Strasbourg, une jeune femme enquête sur le passé complexe de sa famille, les Bergklauss une généalogie en terre alsacienne.
Afin de connaître la vérité sur les circonstances de la mort énigmatique d'une de ses tantes, à Muhlzwiller, sur les bords de l'Ill, Clémence vient restaurer une maison, voisine de l'ancienne demeure familiale. Un jour, elle tombe par hasard sur de vieilles lettres. Stupeur et fascination : jusqu'où secrets de famille, amours interdites, drames de la guerre ont-ils pu s'entremêler et conduire au destin tragique des siens, les Bergklauss...
et de leurs voisins de l'époque, les Wendersheim ? Sans savoir où sa curiosité va la mener, Clémence frôle plusieurs fois le danger. Heureusement, deux hommes veillent : Pierre, notaire de la famille, et André, médecin, qui vit dans le merveilleux quartier de la Petite France à Strasbourg... Superbe plongée au coeur de l'Alsace, pour la première fois à l'honneur dans Terres de France. Elise Fischer signe un roman porté par la musique de Bach et de Mahler, dans lequel se révèlent à chaque page les facettes d'une région particulièrement attachante et vivante.
Les alliances de cristal (2003)
POCKET (POCKET)
Parution : 20 avril 2006
Dans le four rougeoyant, le mélange de sable et de chaux entre en fusion.
Par quel miracle, au bout de la canne du souffleur, le verre fondu devient-il un vase, une coupe, un objet d'art ? Tous les jours, après l'école, Matthieu Thuillier s'émerveille de ce spectacle magique. Il sait déjà que sa vocation, son métier, sa passion sont là, dans la pénombre de l'atelier de verrerie. Cet atelier est celui des frères Daum, dont la réputation grandit à Nancy au point d'inquiéter celui d'Emile Gallé en personne.
Nous sommes au tout début des années 1900. Grâce à son goût inné et à son ingéniosité, Matthieu va devenir un maître, l'égal des meilleurs créateurs de l'école de l'Art nouveau. Mais il y a la guerre qui menace et, plus encore, la révolution esthétique des modernes qui s'annonce...
1985.
Maïté, médecin, quitte tout pour retrouver son fils disparu aux Philippines... Après plusieurs années d'exercice à Nancy, Maïté, la quarantaine, revient aux Philippines pour une mission humanitaire. Epreuve infiniment douloureuse pour elle qui, vingt ans auparavant, y a vécu une double tragédie. Son amant, Pierre, l'a quittée sans explication et François, leur petit garçon, a mystérieusement disparu.
Elle ne les a plus jamais revus... Au dispensaire de Manille, Maïté rejoint une équipe formidable. Mais le quotidien est dur. Il faut s'occuper d'enfants voués à la misère ou à la prostitution. Chaque jour, la jeune femme en apprend davantage sur Pierre, personnage aux mille facettes. Chaque jour nourrit également son fol espoir de retrouver son fils quelque part dans cet archipel immense... Réflexion courageuse sur l'engagement humanitaire, L'Enfant perdu des Philippines est avant tout un roman vibrant d'émotion, témoignage d'amour d'une mère pour son fils, d'un auteur pour un pays fascinant.
La fermeture du dernier puits en activité - La Houve en Lorraine - met un point final à l'histoire de la mine française.
A son apogée, dans les années cinquante, l'industrie du charbon employait 360 000 personnes, dont plus de 220 000 dans le Nord de la France. 2 710 puits ont été foncés dans le sol français pour en extraire environ 5 milliards de tonnes de charbon. Aujourd'hui, seuls quelques chevalements classés monuments historiques témoignent encore de ce passé héroïque. La conquête du charbon fut douloureuse, les morts se sont comptés par centaines, les estropiés et les silicosés par milliers.
Et pourtant, les derniers mineurs restent inconsolables de n'avoir pu aller jusqu'au bout de leur tâche, de n'avoir pu transmettre ce métier qui faisait leur fierté. Ils ne voulaient pas raccrocher leur casque sans dire ce qu'ils avaient été, ce qu'ils avaient fait. Photographiées à 900 mètres sous terre, au fond des galeries, les dernières "Gueules noires" livrent ici leur témoignage, avec simplicité et émotion.
Qu'ils soient du Nord, d'Auvergne, du Sud-Est ou de Lorraine, tous les mineurs se reconnaîtront dans cette rétrospective très complète, dans ces récits profondément humains et dans ces portraits exceptionnels.
Comment une si frêle jeune fille a-t-elle pu attenter à la vie d'autrui ? C'est bien elle, le doute n'est pas possible.
Dans le bureau du juge d'instruction, elle a confirmé les aveux faits aux policiers au lendemain de Noël. Une assurance à donner le frisson. C'est moi, point. C'est ce qu'elle a dit aux policiers venus la cueillir. La recueillir, plutôt, au café de la gare où elle somnolait après deux jours de course éperdue. Il y avait encore des traces de sang séché sur son pull. Elle avait replié son bras gauche et y avait posé la tête.
On aurait pu croire qu'elle pleurait, car des sanglots l'agitaient pendant qu'elle dormait. Les forces de l'ordre massées autour d'elle n'osaient ni l'interpeller ni la toucher. L'un d'eux a toussé. Un autre a demandé si elle allait bien. Alors elle a levé la tête, les a regardés et a dit " je vous suis, c'est moi qui ai tué Léo ".
Le dernier amour d'Auguste (2002)
FAYARD (FAYARD)
Parution : 24 avril 2002
Auguste tombe amoureux de Juliette.
Mais à quatre-vingt-six ans, est-ce bien raisonnable? Car Auguste connaît le sort commun des amoureux de tous les temps et passe par les étapes connues de la carte du tendre : coup de foudre, doutes, anxiété, embrasement, jalousie, douleur… Celle qui lui fait battre le cœur est une femme qui a été chanteuse et actrice, une « jeunesse » puisqu’elle a vingt ans de moins que lui. Il leur faudra du temps, à elle comme à lui, pour admettre et laisser s’épanouir ce sentiment qui les dépasse tous les deux. Pour affronter et enfreindre les tabous aussi, non seulement ceux de l’âge et de la chair, mais également les préventions d’un milieu, celui d’Auguste et de son entourage, attaché au souvenir d’une femme, Sarah, la première épouse d’Auguste, à une terre, le domaine de Rochefontaine, à un passé, et qui voit d’un mauvais œil cette « saltimbanque » venue ravir les dernières années d’un homme. Mais la vie est toujours pleine de surprises et le passé recèle des trésors insoupçonnés. Et si Juliette n’était pas celle qu’on croit et si son destin était noué à celui d’Auguste plus loin et plus fort qu’il ne le pense ?
A travers son journal intime, c’est la voix inquiète et passionnée d’Auguste qui parle dans le roman. Il emporte le lecteur au cœur de sentiments qui ne connaissent pas d’autre saison que celle de l’ardeur, de cet été qui est inscrit dans le nom d’Auguste. Car la nature est présente à chaque page, vibrante. D’une certaine manière, elle aura le dernier mot de cette histoire d’amour, de cette très belle histoire d’amour.
En Lorraine, le destin de trois femmes de caractère : Adèle, sa fille Charlotte, et Louise, sa petite-fille.
Au-delà des liens du sang qui les unissent, elles partagent la même passion pour la fabrication de la bière, cette boisson couleur de l'or. Filles ou petites-filles de brasseurs-tonneliers, elles travaillent dans l'ombre des hommes et contribuent à l'essor de la célèbre brasserie de Champigneulles, près de Nancy. Elise Fischer brosse le portrait de femmes courageuses et fragiles, prises dans la tourmente de leur époque et les méandres de leurs amours impossibles.
Un roman fort et émouvant.
Le directeur d'une maison d'édition parisienne va chercher à Nancy le manuscrit d'un roman écrit par Eva Beaumont, une jeune femme dont tout le monde a perdu la trace.
C'est sa soeur jumelle, Sophie, qui doit remettre le manuscrit à l'éditeur. A la suite de circonstances dramatiques, celui-ci se trouve en possession de trois textes : le manuscrit d'Eva, le journal intime de Sophie - avec, à l'intérieur, une reproduction du Baiser, le célèbre tableau de Klimt - et une longue lettre poétique d'un écrivain algérien évoquant un amour sublime pour la " femme interdite ".
Le journal est celui d'une amnésique en quête de sa mémoire. Entourée de figures inquiétantes, elle relie petit à petit des signes épars pour trouver sa vérité. L'éditeur va tisser ces trois textes et parviendra, au terme de sa lecture, à l'élucidation des secrets de Sophie et d'Eva. Un thriller psychologique complexe comme la vie, absolu comme l'amour et la mort.
Feuille d’Or de la ville de Nancy et Prix France Bleu Sud Lorraine
" Votre père a eu une rupture d'anévrisme.
Je l'ai opéré... " Annonce terrible d'un chirurgien qui croit dire l'essentiel. Techniquement, c'est vrai. Et après ? La ruée vers l'hôpital, l'attente, le monologue épuisant auprès du corps inerte d'où sortent les tuyaux et dont on ne sait s'il entend. Élise Fischer recrée cette mosaïque de sentiments d'une fille pour son père qui meurt. Sans fioritures. Elle se souvient, elle imagine, elle reconstitue et fait face aux mille impératifs du quotidien, celui de la journaliste qui doit lire, écrire, commenter, rassurer, choisir.
Entre le rire et les larmes. En écoutant la musique inépuisable d'une nature découverte aux côtés du père, ce "manant" qui lit Zola et récite Hugo, ce "rouge" pour qui Dieu n'est peut-être pas tout à fait mort et qui a toujours su que " les pommes seront fameuses cette année "...
Prix du Roman de Terroir de Cosne-sur-Loire
Mouche a trente-six ans, quatre enfants et un époux qui travaille loin. Elle se sent seule, perdue et décide d'aller s'installer en Lorraine, à Charmes où sa mère et sa grand-mère ont grandi. A la recherche de ses origines, elle se rapproche aussi de sa belle-famille, à Rochefontaine, près de Nancy.
Elle veut comprendre les absences et les troubles étranges de son mari. Son enquête, au début, se heurte au silence de cette famille si honorable en apparence, bien établie dans ces magnifiques paysages de l'Est. Le passé rejoint le présent. C'est l'éternelle histoire de Caïn qui n'en finit pas de tuer Abel, du scandale du mal, du pire des outrages lorsqu'il est infligé à l'enfance et du silence de Dieu.
Il m’a fallu plus de deux heures pour dénicher la " Porte ouverte " de l’association AIDE, au fond d’un dédale de ruelles sordides, dans un quartier pauvre de Manille. Partout autour, la crasse, la misère, le crime et la prostitution sur fond de révolution permanente. Quand je suis arrivé, la porte était effectivement ouverte sur une tablée de gamins souriants. Ils mangeaient en chahutant, comme dans toutes les familles nombreuses, heureuses, du monde. Au bout de la table, leur père à tous, Jean DALLAIS, trônait, fier d’avoir sorti de l’Horreur cette vingtaine d’enfants. DALLAIS, c’est un révolté qui condamne de toutes ses forces le malheur de ces mômes et qui veut témoigner. C’est ainsi que je me suis trouvé embarqué dans une prison d’enfants. Pendant des mois, je me suis réveillé la nuit en cauchemardant sur ces gamins, enfermés derrière des grilles qu'ils escaladent comme des petits singes pour quêter un geste, un sourire de l' " étranger " qui, lui, n'est pas venu pour leur taper dessus. L' " étranger " , c'est Jean DALLAIS. Il était le seul à pouvoir pénétrer dans cette infâme prison. On l'a interdit de séjour. Il a voulu témoigner une fois de plus. Le crime de ces enfants : ne plus avoir de parents et vivre dans la rue où ils sont arrêtés. Un jour, sans raison, ils sont relâchés, transformés en bêtes fauves, dévorées de haine pour les adultes. C'est ce combat, cette soif de dire, ce refus de se taire, qui ont motivé ce livre poignant. Prenez-le comme un cri, répercutez-le, c'est peut-être le seul moyen qui aidera à sortir ces enfants du " mépris " . Jean-Luc Blain, Grand reporter
Le grand rêve socialiste (1974)
DENOËL (DENOËL)
Parution : 22 mars 1974